Bienvenue en Guyane

Découvrez la Guyane

Tout au long de sa côte Atlantique, une bande côtière d'environ 50 kilomètres dans sa plus grande largeur se prolonge en savanes vers l'intérieur des terres forment les terres basses..


A l'intérieur des terres, les terres hautes, elles, sont formées de petites collines dépassant rarement quelques dizaines de mètres. Elles comprennent au Nord une chaîne de collines culminant au plus haut à 350 mètres. Un massif tabulaire central culmine à 830 mètres d'altitude et se termine au Sud par une pénéplaine dont le plus haut sommet atteint 150 mètres.

Située dans le Nord-Est de l'Amérique du Sud, entre le Surinam et le Brésil, la Guyane est la plus grande région française avec une superficie de 83 846 kilomètres carrés. Son territoire est limité au Nord par la côte Atlantique. A l'Est, le fleuve Oyapock sert de frontière naturelle entre la Guyane et le Brésil. A l'Ouest, le fleuve Maroni sépare la Guyane du Surinam. Et au Sud, la ligne de partage des eaux avec le bassin de l'Amazone marque la frontière avec le Brésil. Au total, la Guyane possède 350 kilomètres de côtes, 520 kilomètres de frontières avec le Surinam et 700 kilomètres de frontières avec le Brésil.

Éloignée de plus 7 000 kilomètres, soit plus de huit heures de vol, de l'Hexagone, la Guyane représente 13 % du territoire français et se divise en plusieurs zones.

Les villes

La Guyane est divisée en 22 communes. Son chef-lieu est Cayenne, et l'on peut découvrir l'univers des villes en cliquant sur leurs liens...

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Géographie

Le mot Guyane vient du dialecte Guanao, langue des Indiens du delta de l'Orénoque. Il se compose du terme "guai" signifiant nom, et du terme "yana" qui est une négation. La Guyane est donc la terre "sans nom", la terre "qu'on ne nomme pas", ce qui lui confère la dimension sacrée d'un Eden. A ce nom divin s'ajoute la légende de l'Eldorado, née des mythes indigènes, mais qui a suscité la grande convoitise européenne. La Guyane serait donc à la fois un paradis terrestre et un enfer vert.

La Guyane fait partie du plateau des Guyanes, une zone de l'Amérique du Sud allant de la côte Atlantique à l'Est, et bordée par l'Orénoque et l'Amazone, les deux plus grands fleuves qui arrosent cette région qui s'étire sur six pays d'Ouest en Est : la Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Surinam, le Brésil, et la Guyane française qui n'occupe que 4% de la superficie totale du plateau.

Outre la Guyane elle-même, le département compte quelques îles, tels que «les Îlets» au large de Cayenne de Rémire, et les îles du Salut dont l'île du Diable est la plus connue.

Deux zones géographiques aux propriétés très différentes se distinguent en Guyane. D'une part les "terres basses" partent des côtes et remontent vers l'intérieur des terres. Inondées en saison des pluies à part quelques cordons littoraux, elles sont formées de sédiments récents, souvent argileux.

D'autre part, les "terres hautes" sont formées de roches cristallines composées de minéraux superposés en étages plus ou moins réguliers et dont l'altitude atteint au plus quelques dizaines de mètres et au relief irrégulier. Contrairement aux terres basses, les terres hautes sont pauvres, délavées et difficilement exploitables pour l'agriculture à moins de pratiquer des cultures itinérantes sur brûlis et la jachère, à la façon indienne.

Forêt primaire.
Forêt primaire.

Tout l'arrière-pays, soit 95 % du territoire, est recouvert de forêts tropicales denses accessibles uniquement par voie aérienne ou par les fleuves Maroni, Mana, Sinnamary, Approuague et Oyapook. Les pirogues à moteur sont les plus adaptés pour remonter les fleuves et négocier les dangereux "sauts" et rapides qui jalonnent les fleuves, notamment la Mana surnommé le fleuve "aux 99 sauts".

Paysage de forêt amazonienne vue du ciel.
Paysage de forêt amazonienne vue du ciel.

Climat

La Guyane est dominée par un climat équatorial humide. Deux saisons sèches, de février à mars et d'août à décembre, alternent avec deux saisons des pluies, de décembre à janvier et d'avril à juillet.

La température annuelle moyenne est de 27°C,
avec des variations plutôt faibles, oscillant entre 24°C et 32°C.

L'humidité, très présente, varie entre 70 et 95 %, avec en moyenne 2,5 à 5 mètres de pluies par an selon les zones géographiques.

Les saisons sont soumises à une zone de basses pressions où convergent les alizés. Cette zone, qui se déplace sur un axe Nord-Sud, provoque des changements climatiques sur son passage.

Saut Maripa sur l'Oyapock.
Saut Maripa sur l'Oyapock.

Située dans le Sud de novembre à février, cette zone intertropicale de convergence (ZIC) remonte vers le Nord, y provoquant de fortes pluies d'avril à juillet.

À l'inverse des autres territoires français de la Caraïbe, la Guyane n'est pas soumise aux cyclones. En revanche, son humidité résulte également d'un réseau hydrographique très développé.

En effet, de nombreux fleuves sillonnent le département, servant également de voie de communication. Les rivières, appelées "criques", alimentent les grands fleuves parmi lesquels l'Oyapock, l'Approuague, le Mahury, le Kourou, le Sinnamary, le Mahury, la Mana, l'Iracoubo et le plus grand d'entre eux, le fleuve Maroni.

Histoire

Les premiers occupants

Les premières traces archéologiques retrouvées en Guyane attestent de la présence sur le territoire de peuples amérindiens, probablement les ancêtres des Émerillons et des Wayampis, dès le 5e millénaire avant J.-C. À la fin du 3e siècle, des Arawak et Palikur, venus des bords de l'Amazone, chassent les premiers occupants et s'installent sur le littoral. Arrivent ensuite les Caraïbes, les Galibis et les Wayana.

Le 5 août 1498, Christophe Colomb découvre la Guyane. Il longe la côte sans débarquer.

Deux ans plus tard, en 1500, malgré la menace d'une tempête, Vicente Yañez Pinzon entreprend d'explorer ces nouvelles terres en remontant l'Oyapock, fleuve qui marque l'actuelle frontière entre la Guyane et le Brésil.


La colonisation

D'abord amicaux, les Amérindiens deviennent vite hostiles face à la brutalité des Européens. Les dures conditions de vie, le climat, mais aussi les guerres contre les Amérindiens vont mettre en échec les premières tentatives de colonisation. Celle de 1503, où un premier groupe de colons français s'installe sur l'île de Cayenne. La colonie de 126 familles installées en 1568 par Gaspard de Sotelles que les Amérindiens chassent en 1573. En 1596, des marchands français font une nouvelle approche des Amérindiens, cette fois pour faire du troc avec eux, notamment contre du bois pour l'ébénisterie.

En 1604, sur ordre d'Henri IV, une première expédition menée par le capitaine Daniel de la Touche de la Ravardière entreprend une reconnaissance de la Guyane. Des membres de l'expédition restent en Guyane et s'installent sur l'île de Cayenne. Quelques années plus tard, la petite colonie est détruite par les Portugais qui entendent faire respecter le traité de Tordesillas de 1493, signé entre l'Espagne et le Portugal, et qui partage le nouveau monde.

Buste de Daniel de La Touche à São Luís do Maranhão.
Buste de Daniel de La Touche à São Luís do Maranhão.

Daniel de La Touche de la Ravardière revient en mars 1612 à la tête d'une nouvelle expédition avec trois navires et 500 colons en vue de fonder la "France équinoxiale". Il débarque dans l'île de Maranhão et fonde la cité de Saint-Louis devenue aujourd'hui São Luís do Maranhão, capitale de l'État brésilien du Maranhão.

En 1613, sous les ordres de François de Razilly, les premiers colons débarquent et s'installent dans l'île de Cayenne. Ils font venir les premiers travailleurs de Guyane, des Européens "engagés", artisans, laboureurs, charpentiers ainsi que des manœuvres noirs du Cap vert.

En 1624, Louis XIII ordonne la colonisation de la Guyane. Mais ce n'est qu'après que le cardinal de Richelieu autorise cette colonisation en 1626 que les expéditions reprennent. Et en 1630 une nouvelle colonie s'installe sur les rives du fleuve Sinnamary. En 1637, une autre colonie s'installe sur l'île de Cayenne.

En 1643, menés par le lieutenant général du roi Louis XIII, Charles Poncet de Brétigny, débarque avec 500 hommes par une expédition de la Compagnie du Cap Nord financée par les marchands de Rouen. L'année suivante, une expédition de la Compagnie des Douze Seigneurs débarque environ 800 colons.

Guerre entre les Amérindiens et les colonisateurs.
Guerre entre les Amérindiens et les colonisateurs.

La brutalité des colons ayant entraîné l'hostilité des Amérindiens, les compagnies maritimes se retrouvent obligées de négocier la paix. La paix signée, Cépérou, le chef des indiens Galibi, cède son ancien lieu de villégiature, le mont Cépérou, à Charles Poncet de Brétigny pour l'installation d'une colonie sur cette colline qui surplombe la ville de Cayenne qu'il fonde le 29 novembre 1643. L'humidité, les pluies diluviennes, les mauvaises conditions d'hébergement, la famine et les maladies déciment la colonie. De nouveau, la cruauté des colons et de Charles Poncet de Brétigny lui-même provoque la révolte des Amérindiens qui extermine presque toute la colonie. Les quelques survivants se réfugient aux Antilles.

La colline Cépérou surplombe le bourg de Cayenne.
La colline Cépérou surplombe le bourg de Cayenne.

En 1652, la Compagnie de France Équinoxiale tente une nouvelle colonisation, amenant 500 agriculteurs et ouvriers "engagés". Les Amérindiens, devenus hostiles, détruisent la jeune colonie. Deux ans plus tard, les Hollandais trouvent les lieux déserts, et s'y installent avec des esclaves. Ils introduisent la culture de la canne à sucre.


En 1664, sous l'impulsion de Colbert, une puissante flotte reprend la Guyane aux Hollandais et tente d'implanter une colonie. Les esclaves abandonnés par les Hollandais sont mis au travail. La Guyane devient définitivement un territoire français. Les Amérindiens sont chassés ou capturés pour devenir esclaves. Mais en 1667, les Britanniques détruisent la colonie avant de quitter les lieux.

A partir de 1669, les premiers Noirs d'Afrique sont amenés en Guyane pour repeupler la colonie et valoriser la terre. Les Jésuites créent des plantations de cacao, de café, de coton et de manioc. De nombreuses matières premières telles que le roucou, l'indigo, le coton, la canne à sucre, le café, la vanille ou encore les épices et les bois exotiques sont alors produits pour être exportés.

Le 5 mai 1676, une flotte hollandaise commandée par l'Amiral Synkes prend Cayenne. Les Hollandais renforcent le fort Cépérou. Humilié, Louis XIV dépêche le vice-amiral du Ponant, le Comte Jean d'Estrée, pour reprendre Cayenne. Ce dernier obtient la reddition hollandaise et reprend le contrôle de la ville. Le calme revient dans la colonie qui prospère grâce aux plantations de cacao, de café, de coton et de manioc créées par les Jésuites.

En 1762, Louis XV ordonne que les Jésuites soient chassés "où qu'ils se trouvent sur les terres du royaume de France". Les Jésuites sont expulsés de Guyane qui perd alors de grands artisans de la colonisation et du développement agricole du territoire. Coup dur pour la Guyane !

Le duc de Choiseul.
Le duc de Choiseul.

Pour pallier cette infortune, en 1764, Étienne-François duc de Choiseul-Stainville, principal ministre de Louis XV, envoie 15 000 recrues coloniser et valoriser la Guyane. Débarquant en saison des pluies sur les côtes marécageuses de Kourou, face à un manque de structures d'accueil, la colonie vit dans la misère. Le paludisme, la dysenterie, le typhus et la typhoïde déciment la colonie. Un millier de colons survit et gagne les "îles du salut", trois îlets situés au large de Kourou qui tirent leur nom de leur climat plus hospitalier. Le désastre devient une affaire d’État.  De retour dans l'Hexagone, les survivants racontent avec force de détails leurs mésaventures dans cette contrée lointaine, donnant naissance à la mauvaise réputation d'une Guyane inhospitalière.

Vue de l'île du diable depuis l'île royale, deux des îles du Salut.
Vue de l'île du diable depuis l'île royale, deux des îles du Salut.

L'esclavage

Le roi Louis XV.
Le roi Louis XV.

Les "engagés" blancs ne résistant pas au climat et à l'effort nécessaire au travail de la terre, les dirigeants de la colonie cherchent une main d'œuvre plus adaptée. Leur solution : les Indiens. Cependant, les missionnaires et le roi Louis XV refusent que les Indiens de Guyane soit réduits en esclavage. Cela n'empêche pas des déclarations de guerre aux Indiens sous des prétextes fallacieux en vue de les capturer pour les réduire en esclavage.

L'intervention des Jésuites auprès du roi met fin à cette traite qui ne dit pas son nom. Et le 2 mars 1739, Louis XV rend une ordonnance interdisant officiellement la traite des Caraïbes et des Indiens. Cependant les esclaves Indiens appartenant aux Portugais peuvent être achetés, à l'exception de ceux capturés libres au Canada. Ainsi, l'esclavage des Indiens reste minime dans le territoire.

Mais le problème reste entier : les "engagés" ne parviennent pas à s'acclimater, et les Indiens sont récalcitrants. D'un autre côté, les esclaves noirs, taillés pour ce travail, sont peu nombreux en Guyane.


Leur solution est d'avoir recours à la main-d'œuvre noire utilisée par les Espagnols. En 1652, Duplessis sort vainqueur d'affrontement avec des pirates anglais et récupère quinze esclaves noirs comme butin. Lorsque le 16 mai 1664, les Français reprennent Cayenne aux Hollandais, ces derniers abandonnent un nombre conséquent d'esclaves des deux sexes qui, un an plus tard, sont au nombre de 420. En 1674, des esclaves sont déclarés au service des Jésuites.


En 1680, le commerce triangulaire touche la Guyane.
En 1680, le commerce triangulaire touche la Guyane.

C'est seulement à partir de la fin du 17e siècle que le commerce triangulaire touche la Guyane. En effet, c'est en 1680 que le premier navire négrier, provenant des côtes du Sénégal, accoste Cayenne. Le nombre d'esclaves noirs s'accroît alors de façon régulière, restant cependant très inférieur au nombre d'esclaves des colonies voisines. Cette insuffisance de main d'œuvre esclave, accrue par la fuite d'esclaves "marrons" dans la forêt, est pointée par les gouverneurs successifs qui en réclament plus.

Malgré toutes les propositions faites par les colons et par les dirigeants de la colonie, un seul convoi d'esclaves parvient en Guyane en 45 ans. Et pour cause ! La navigation est difficile aux abords des côtes guyanaises du fait de vents contraires et de courants rapides. Le port n'est qu'une simple rade soufflée par les vents et entourée de bancs de sable et de rochers émergents. Devant ces conditions dangereuses pour la navigation, les navires sont obligés de mouiller au large. De plus, disposant de peu de main d'œuvre, la Guyane est une colonie pauvre. Les prix pratiqués par les négriers sont souvent au-dessus des moyens des colons qui s'endettent sur de très longues durées. Autant d'inconvénients qui expliquent que les marchands d'esclaves accordent peu d'intérêt au marché de Cayenne.

Les colons de Guyane achètent quelques esclaves au Surinam hollandais voisin avant que Louis XV interdise cette pratique. Face à ces difficultés, les gouverneurs cherchent à arrêter la fuite des esclaves "marrons", en les traitant mieux pour les conserver.

Le Code Noir de 1685, ne l'interdisant pas expressément, certains blancs épousent des noires qu'ils affranchissent ou qui le sont déjà. Mais la société refusant ce type d'union, ils partent pour les colonies étrangères voisines avec tous leurs biens. Ce qui n'arrange par les affaires de la colonie française. De là, le statut juridique de l'esclave lié à son appartenance à la caste méprisable d'esclave change, créant une différenciation liée à la couleur de peau. La ségrégation raciale fait son apparition en Guyane. Le Code Noir durcissant la vie des esclaves, nombre d'entre eux s'enfuient dans la forêt. Ils forment aujourd'hui l'ethnie des Boni ou Bushinengué qui signifie "nègre de brousse".

En 1749, le Père Fauque parvient à convaincre des "marrons" réfugiés dans la montagne de Plomb de revenir dans la colonie. Mais les promesses n'étant pas tenues, ces derniers rejoignent les réfugiés dans la forêt. A force de négociations, la France obtient des territoires voisins que les "marrons" réfugiés sur leur territoire soient rendus aux colons français. A cause de la fuite des esclaves "marrons" et des faibles arrivées d'esclaves, la colonie se développe lentement.

Les châtiments cruels incitent au marronnage.
Les châtiments cruels incitent au marronnage.

Tout au long du 18e siècle, une dizaine de navires négriers quittent le port de Nantes pour Cayenne et y débarquent plus de 3000 Noirs d'Afrique. D'autres navires négriers accostent Cayenne par hasard pour y vendre leur cargaison. Même si moins d'esclaves ont été débarqués en Guyane que dans les îles à sucre françaises, l'esclavage marque aussi fortement l'histoire de la Guyane.

La presqu'île de Cayenne cartographiée par Jacques-Nicolas Bellin, en 1763.
La presqu'île de Cayenne cartographiée par Jacques-Nicolas Bellin, en 1763.

De la Révolution à l'abolition de l'esclavage

En 1789, la population de la colonie se compose de 1300 blancs et de 11 000 esclaves, dont un seul sachant lire et écrire, Hector Ménénins. L'alphabétisation des esclaves est en effet interdite par le Code Noir, qui laisse cependant aux maîtres la liberté de leur confier des missions d'intendance, pour lesquelles ils doivent savoir lire, écrire ou compter.

À partir de 1792, la Révolution française fait de Cayenne un lieu de déportation pour les prêtres réfractaires et les ennemis politiques de la Révolution.

En 1794, l'esclavage est aboli par le décret de pluviôse. Hector Ménénins devient un élu de la République. Il est exécuté en 1796. En 1802, Bonaparte maintient l'esclavage. Beaucoup d'esclaves s'enfuient pour devenir des "marrons". Ils campent à proximité du fleuve qui tient son nom de cet épisode, le fleuve Maroni. Le marronnage est durement réprimé.

En 1809, le chef "marron" Simon Frossard, à la tête de plus de 200 fugitifs, est rejoint par d'autres qui fuient le rétablissement de l'esclavage. Volant dans les plantations, ils vivent à la manière amérindienne dans des villages cachés dans la forêt. On peut citer Jolie Terre, Couleuvre, Sainte-Elisabeth. Mais la milice armée de Cayenne, chargée de la répression du marronnage, capture Simon Frossard. Exécuté, sa tête est exposée à Cayenne.

Cette année-là, après la défaite française à Trafalgar, les Britanniques aident les Portugais à occuper la Guyane en représailles contre l'invasion du Portugal par Napoléon. La vie locale se poursuit sans perturbation jusqu'à leur départ en 1814. A la chute de l'Empire, par le traité de Vienne, la France récupère une Guyane qui prospère grâce à l'esclavage et au plan d’aménagement de l'ingénieur suisse Joseph Guisan.

En 1828, la mère Anne Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs Saint-Joseph de Cluny, rachète des esclaves pour les libérer. Son idée c'est que l'esclave libre doit pourvoir s'assumer financièrement et moralement. En 1835, elle recueille 520 Noirs, autrefois sous l'autorité de Cayenne, les christianise, et leur apprend un métier pendant quelques années avant de les laisser partir. C'est ainsi qu'avec eux elle développe la commune de Mana.

Etablissement des soeurs de Saint-Joseph de Cluny.
Etablissement des soeurs de Saint-Joseph de Cluny.

En 1838, elle fait libérer 185 esclaves et Mana élit le premier maire ancien esclave libre. Dix ans plus tard, le 27 avril 1848, le décret Schœlcher est adopté. L'esclavage est aboli, libérant les 16 000 esclaves de Guyane.

Les bagnards, main d’œuvre peu chère, sont alors utilisés pour remplacer les noirs émancipés. Un tiers des prisonniers meurt en Guyane.

Le principal centre pénitentiaire est à Saint-Laurent du Maroni, notamment le Camp de la transportation. Mais le premier bagne créé est celui de Sinnamary. La Guyane devient une terre de déportation et de relégation pour près de 90 000 bagnards, dont le capitaine Alfred Dreyfus emprisonné sur l'île du Diable au large de Cayenne de 1895 à 1899.

Cellule du Capitaine Dreyfus sur l'île du diable.
Cellule du Capitaine Dreyfus sur l'île du diable.
Le capitaine Dreyfus.
Le capitaine Dreyfus.

Les prisonniers mourant en nombre, les premiers bagnes de Guyane ferment en 1867. Les bagnards sont transférés en Nouvelle-Calédonie. Mais dès la condamnation du Capitaine Dreyfus en 1895, les îles du Salut en Guyane redeviennent un lieu de déportation fortifié afin d'éviter qu'Alfred Dreyfus bénéficie du bagne de la Nouvelle-Calédonie. Là-bas, les conditions de détention jugées trop douces de l'adjudant Lucien Châtelain, condamné pour intelligence avec l'ennemi en 1888, lui ont permis de tenter de s'évader. Aussi, la détention du capitaine Dreyfus, unique prisonnier de l'île du diable, est un enfer. Dès lors, le bagne de Guyane est ré-ouvert et les déportations reprennent.

A la suite d'une campagne de presse anti-bagne menée notamment par Albert Londres et Gaston Monnerville, député de Guyane, la loi de 1938 met fin au bagne, qui ferme définitivement en 1953.

Entrée du Camp de la transportation, à Saint-Laurent du Maroni.
Entrée du Camp de la transportation, à Saint-Laurent du Maroni.

La période moderne

En 1855, Paoline, un Amérindien brésilien découvre la présence d'or dans le sable d'un affluent de l'Approuague. Aussitôt, c'est la ruée vers l'or. Jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale, les sites aurifères attirent non seulement la population locale qui abandonne le travail de la terre, mais également de nombreux migrants venant notamment des Antilles.

Si l'activité des exploitations aurifères déclarés est encadrée par la législation française, l'une des plus exigeantes en l'Amérique du Sud, l'orpaillage clandestin est un vrai fléau. En effet, la forêt tropicale est le théâtre d'une criminalité grandissante et de trafics en tous genres, nourris par une forte immigration clandestine.

Conséquence directe, les boues, mais aussi le mercure utilisé pour amalgamer l'or polluent les eaux, empoisonnant les habitants de ces zones, notamment les Amérindiens. Les relevés montrent que les Amérindiens présentent une concentration de mercure bien supérieure aux valeurs seuil de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à tel point que les observateurs parlent d'une forme de génocide si aucune mesure majeure n'est mise en oeuvre à court terme.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, par la loi du 19 mars 1946, la Guyane devient département français. Mais l'économie est en déclin et l'état sanitaire préoccupant. Le Gouvernement prend des mesures sanitaires, notamment contre le paludisme, crée des centres de protection maternelle et infantile et des dispensaires. L'économie reste très déficitaire et les coûts de production élevés.

En 1965 débute la construction du Centre spatial guyanais à Kourou. L'activité spatiale prend vite une grande place dans la vie locale et dans l'économie. Le premier lancement de la première fusée-sonde nommée Véronique a lieu le 9 avril 1968. Depuis, plus de 200 lancements ont été réalisés de Kourou. La première fusée Ariane, née d'une coopération européenne, est lancée le 24 décembre 1979.

Depuis 1982 et les lois de décentralisation, un transfert de compétences de l'État vers les collectivités territoriales est mis en place.

Dans les années 1990, la Guyane est intégrée à l'Union européenne, et devient un pôle d'attraction de flux migratoires venant des pays voisins comme le Surinam, le Brésil ou encore Haïti. C'est encore le cas aujourd’hui.


Administration

Préfecture de Cayenne.
Préfecture de Cayenne.

Cayenne, le chef-lieu de la Guyane, abrite la préfecture et le siège de la collectivité territoriale. L’État y est représenté par un préfet basé à Cayenne et par un sous-préfet basés à Saint-Laurent-du-Maroni. La Guyane est une région ultrapériphérique (RUP) de l'Union européenne, comme la Guadeloupe, la Martinique, Mayotte, La Réunion et Saint-Martin.

Les Guyanaises et Guyanais sont représentés à l'Assemblée nationale par deux députés et au Sénat par deux sénateurs.

Trois députés européens représentent l'ensemble de la France d'Outremer au Parlement à Strasbourg. Un membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) est originaire de ce territoire.

La Guyane est membre associée de l'Association des États de la Caraïbe (AEC), qui œuvre pour les relations économiques, sociales et culturelles dans l'environnement dans la zone caribéenne.

Siège du conseil général
Siège du conseil général

Population

La Guyane recense 290 691 habitants (Insee, décembre 2019). C'est le deuxième département le plus jeune de France après Mayotte. En effet, 41,7 % de la population est âgée de moins de 20 ans, quand en France hexagonale cette tranche d'âge ne représente que 24,0 %. En revanche, la tranche des 60 ans et plus est moins élevée en Guyane avec seulement 8,5 % des Guyanais, quand la moyenne hexagonale est de 26 %.

La population guyanaise se concentre dans les grandes villes du littoral : Cayenne, Rémire-Montjoly, Kourou, Sinnamary, Saint-Laurent-du-Maroni et le long des grands fleuves frontaliers. Le taux d'urbanisation des villes côtières est de 83%. Ainsi, la majeure partie du territoire, recouverte de forêt, reste inhabitée.

Il en résulte une densité moyenne relativement faible de 3,2 habitants au kilomètre carré (2016).

Après une forte augmentation, la croissance démographique guyanaise se poursuit à un rythme moins intense depuis quelques années. La projection de l'Insee de mars 2019, prévoit quasiment un doublement de la population avec 428 000 habitants au 1er janvier 2050.

La population est une mosaïque d'ethnies. Les Créoles d'origine africaine forment le plus important groupe ethnique (38 %). Viennent ensuite les Hexagonaux (10%), Noirs Marrons (6%), Amérindiens (5%), H'mongs (1%), Antillais (4%), Chinois (4%).

Selon l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, la Guyane a enregistré 5 921 demandes de protection en 2017, dont une majorité d'Haïtiens, de Surinamiens, de Brésiliens, de Guyaniens entre autres. En 2006, un rapport du Sénat estime à 30 000 ou 35 000 le nombre d'étrangers en situation irrégulière en Guyane, ce qui représente 20 % à 25 % de la population du département.

Même si la langue officielle est le français, de nombreuses autres langues sont courantes en Guyane comme le créole guyanais et les dialectes amérindiens et bushinengés, dont le taki-taki.


Économie

La forêt amazonienne couvre 95 % du territoire, soit environ 8 millions d'hectares.
La forêt amazonienne couvre 95 % du territoire, soit environ 8 millions d'hectares.

La situation économique de la Guyane est difficile, avec un fort taux de chômage de 19 % (Insee mars 2019) et un taux de couverture des importations par les exportations de 12,2 % en 2014. En 2017, à la suite des mouvements sociaux, le PIB guyanais a reculé à 15 350 euros par habitant. Il représente 45 % du niveau national, soit une baisse de 3,2 points par rapport à 2016. La consommation des entreprises et des ménages soutient l'économie, mais la croissance doit être dynamisée.

Avec la forêt qui couvre 95 % du territoire, soit environ 8 millions d'hectares, le bois est la principale ressource naturelle de la Guyane. La quasi-totalité de la forêt qui compte plus de 1200 espèces d'arbre, dont des bois précieux utilisés en menuiserie, relève du domaine privé de l'État. Le Parc amazonien de Guyane en assure la gestion, avec l'Office national des forêts qui gère une surface de production de 2,4 millions d'hectares. L'agriculture couvre 24 500 hectares où coexistent l'agriculture traditionnelle manuelle qui occupe plus de 80 % des exploitants, et l'agriculture mécanisée sur la bande littorale, pratiquée notamment par les hmongs pour les fruits et légumes. Avec autant de territoire relevant du domaine privé de l'État, l'accès au foncier est difficile pour les agriculteurs. La culture de la canne à sucre est dédiée à la fabrication du rhum à Saint-Laurent-du-Maroni. Alors que l'élevage se concentre à Macouria, c'est à Mana que se concentre l'exploitation céréalière, notamment le riz sur environ 4 000 hectares produisant pour la consommation locale et pour l'exportation. La pêche est une activité industrielle, essentiellement la crevette et le vivaneau. Et la pêche artisanale se pratique dans toutes les villes. Le port du Larivot est le neuvième port de pêche français.

L'extraction aurifère est la seconde activité exportatrice en Guyane. La recherche de l'or a attiré des orpailleurs surtout sur les fleuves et les "placers".

Cette ruée vers l'or génère de l'insécurité et une immigration clandestine venant du Brésil, malgré les actions engagées par l'État pour endiguer le phénomène, telles que les opérations Anaconda et Harpie, ainsi que la surveillance permanente par la gendarmerie de neuf points de passage sur les routes et les fleuves.

Mines de Dorlin.
Mines de Dorlin.

C'est au Centre Spatial Guyanais de Kourou que sont assemblées et lancées les fusées Ariane depuis 1979. L'implantation d'un nouveau pas de tir pour Ariane 6 présage un développement de l'activité spatiale. Toutefois le poids de ce secteur dans l'économie locale diminue en raison de la diversification de cette dernière.

Le secteur du bâtiment est dynamisé par une forte demande en logements neufs due à une forte croissance démographique, par les commandes publiques et par le secteur spatial.

Pas de tir d'Ariane 5.
Pas de tir d'Ariane 5.

En plus d'un tourisme, encore essentiellement axé sur l'écotourisme, augmentant le trafic de l'aéroport international Félix Eboué, à Cayenne, qui propose des vols vers les Antilles françaises, le Brésil et l'Hexagone, l'économie devrait au cours des prochaines années être notablement modifiée grâce à la découverte récente de gisements pétroliers au large des côtes guyanaises.

Sortie guidée de touristes.
Sortie guidée de touristes.

Tourisme

Plage de l'île Royale, une des trois  îles du Salut.
Plage de l'île Royale, une des trois îles du Salut.
Plage de Montjoly.
Plage de Montjoly.

L'activité tourisme en Guyane se structure progressivement. Avec les grands espaces et les magnifiques paysages guyanais, le département bénéficie, à n'en pas douter, de grands atouts touristiques, incluant les plages.

Au-delà de la création du Parc amazonien de Guyane en 2007 et la programmation de grands projets, il existe une petite activité d'écotourisme pour découvrir la richesse de la faune et de la flore.

Encore très éloignée du tourisme de masse que l'on rencontre en Martinique et en Guadeloupe. La Guyane dispose de vrais avantages avec les Îles du Salut et la Réserve naturelle des marais de Kaw. Mais il va lui falloir dépasser la mauvaise image d'Enfer vert véhiculée par les médias et ancrée dans la perception collective depuis le 18e siècle.

La diversité ethnique et l'isolement des communautés ont favorisé la continuité d'un artisanat d'une grande finesse. Les Amérindiens ont développé différents savoir-faire comme la vannerie, la céramique, le textile, ou le bois. Maîtres dans l'art du tressage, indispensable à la fabrication des « couleuvres » à manioc, les Palikur, confectionnent aussi paniers et corbeilles pour les touristes.

Aéroport Félix Eboué.
Aéroport Félix Eboué.

Réputés pour leur sculpture sur bois, l'art des Bushinengues est très prisé. L'artisanat saramaca est le plus visible dans l'Ouest guyanais : ustensiles de cuisine, peignes, proues de pirogue, portes, tabourets, et petites statues.

Artisanat Bushinengué.
Artisanat Bushinengué.

Les femmes travaillent la décoration de calebasses et la confection textile, ainsi que les broderies et patchworks colorés, notamment hmong.

Broderies Hmongs.
Broderies Hmongs.

De quoi alimenter le trafic de l'aéroport international Félix Eboué, à Cayenne, qui propose des vols vers les Antilles françaises, le Brésil et l'Hexagone,

Hérons blancs dans le marais de Kaw. Les travailleurs engagés chinois y cultivent du thé entre 1819 et 1835.
Hérons blancs dans le marais de Kaw. Les travailleurs engagés chinois y cultivent du thé entre 1819 et 1835.

Infos pratiques

Durée de vol direct : 8h30.
Décalage horaire : - 5h l'été, - 4h l'hiver.
Monnaie : euro
Les chèques hors place sont rarement acceptés dans les boutiques guyanaises.
La carte de crédit (visa, eurocard, masterCard, American express), pour des retraits de liquidités, en paiement de vos achats, mais seulement dans les principales villes de Guyane.

Papiers
: pour les Français, carte d'identité. Les ressortissants de l'Union européenne non français doivent présenter un passeport valide et un titre de transport pour le retour.
Langues : français, créole, anglais. Le français est la langue officielle. Le créole guyanais demeure le trait d'union entre les {ethnies} d'Amazonie française. L'anglais est correctement compris.

Santé
Vaccins obligatoire : fièvre jaune ;
Vaccins conseillés : hépatite A ; éventuellement B ; éventuellement traitement antipaludique.

La Guyane est un territoire français avec un excellent réseau de pharmacies et de médecins sur le littoral,. Prévoir toutefois la base minimale : antidouleur, anti-diarrhéique, antihistaminique, crème solaire, et un répulsif efficace.

Téléphone
De l'Hexagone vers la Guyane : numérotation à 10 chiffres commençant par 05-94.
De l'Hexagone vers la Guyane : 00 + 594 + numéro à six chiffres.
De la Guyane vers l'Hexagone: numéro habituel du correspondant, sans ajouter de préfixe.