L’Outremer prend des mesures pour protéger les territoires ultramarins du coronavirus

06/02/2020

Alors qu'Air France et KLM suspendent jusqu'au 15 mars leurs vols vers la Chine continentale, en Outremer c'est l'application du principe de précaution pour se prémunir contre l'entrée du coronavirus sur les territoires ultramarins. C'est ainsi qu'à La Réunion, la compagnie Air Austral a suspendu ses vols vers la Chine, et qu'en Polynésie française, le Gouvernement a mis en place des mesures de contrôle.

Selon un communiqué de la Commission nationale de la santé, 3 694 nouveaux cas de contamination par le coronavirus ont été recensés au soir du 5 février en Chine. Le pays dénombre à ce jour 28 018 cas de patients contaminés. Le bilan de l'épidémie provoquée par le coronavirus sur le territoire chinois s'élevait à 565 morts après l'annonce, ce jeudi 6 février, de 75 nouveaux décès.

Suspension des vols vers la Chine depuis La Réunion

La compagnie aérienne Air Austral suspend temporairement ses rotations entre Canton et l'île de La Réunion du 8 février au 1er mars 2020. Dans un communiqué, la compagnie réunionnaise précise qu'elle "suit de près, en lien avec l'ARS, l'évolution de la situation". Une décision devrait intervenir à la mi-février pour une éventuelle reconduction de la suspension. Pour les voyageurs lésés, Air Austral a annoncé la mise en place de mesures de remboursement des voyages ou de report sans frais de dates.

Mayotte appelle à la prudence

A Mayotte, aucune restriction de voyage n'a été émise. Cependant, les commerçants mahorais étant nombreux à aller s'approvisionner en Chine, et afin de limiter les risques de transmission du virus, les autorités sanitaires émettent des recommandations aux voyageurs qui se rendent en Chine : bien se laver les mains à l'eau et au savon durant le séjour, éviter tout contact avec des animaux vivants ou morts, notamment dans les marchés, éviter tout contact rapproché avec des personnes ayant de la fièvre et qui toussent, ne pas manger de viande crue ou peu cuite. Aux personnes revenant d'un séjour en Chine, en cas de fièvre, de toux ou de difficultés respiratoires, il est demandé de contacter rapidement le Samu en précisant qu'ils reviennent de Chine. Ils ne doivent pas consulter leur médecin traitant ni se rendre aux urgences afin d'éviter toute potentielle transmission. L'ARS appelle à la vigilance tous les voyageurs à destination ou en provenance de la zone à risque.

Une attestation médicale pour entrer en Polynésie

De son côté, le gouvernement de la Polynésie française a pris de nouvelles mesures pour éviter l'entrée du coronavirus. Désormais, "tous les voyageurs en provenance d'Asie depuis le Japon et la Nouvelle-Zélande, à destination de la Polynésie française, devront obligatoirement présenter une attestation médicale datant de moins de 15 jours, une attestation certifiant qu'ils sont indemnes de signes d'infestation virale avant leur embarquement pour la Polynésie française. En l'absence d'attestation, il est demandé aux compagnies aériennes de « refuser l'embarquement des voyageurs concernés". Le Gouvernement polynésien a pris la décision, lors d'un conseil des ministres exceptionnel de la mise en place d'une caméra thermique à l'aéroport de Tahiti-Faa'a. Par ailleurs, les employés de l'aéroport qui le souhaitent peuvent obtenir des moyens de protection individuels sur simple demande effectuée auprès de leurs supérieurs.

Des affiches d'information en Guadeloupe et en Martinique

En Guadeloupe, des affiches d'information aux voyageurs sont mises en place depuis le 31 janvier dans les aéroports de Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Le dispositif d'affichage concerne également les ports. Des recommandations ont été émises à destination des voyageurs en provenance de Chine.

En cas de symptômes d'infection respiratoire, tels que fièvre, toux et difficultés respiratoires, il est conseillé de porter un masque, d'utiliser des mouchoirs jetables, de se laver les mains et de contacter rapidement le centre 15. Il ne faut pas quitter son lieu de résidence pour consulter son médecin ni se rendre aux urgences. Le SAMU viendra prendre en charge le patient, s'il l'estime nécessaire, pour le conduire à l'hôpital où il sera mis en isolement jusqu'à confirmation ou non du cas.

Contrôle sanitaire à l'aéroport et dans les ports calédoniens

Fin janvier, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a annoncé un renforcement du contrôle sanitaire dans le secteur du tourisme de croisière : aucun croisiériste ne pourra être débarqué sur le sol calédonien dès lors qu'un navire sera suspecté d'avoir identifié un ou plusieurs cas suspects de coronavirus à son bord.

Les vols en provenance de Chine sont annulés sauf autorisation. Des mesures de protection ont été prises aux points d'entrée internationaux comme l'aéroport de La Tontouta situé à 50 kilomètres de Nouméa, ainsi que les ports maritimes (croisières, minéraliers, etc.) dès début janvier.

Information et  protocole de prise en charge à Saint-Pierre et Miquelon

Terminal de Pointe Blanche
Terminal de Pointe Blanche

Fin janvier, l'Autorité territoriale de santé de Saint-Pierre et Miquelon a défini le protocole complet de prise en charge d'un patient contaminé par le coronavirus.

L'archipel est relativement préservé du fait d'une desserte aérienne dont l'unique ligne rallie le Canada avant un transit vers la France.

Des affiches du ministère de la santé ont été tout de même apposées à l'aéroport de Saint-Pierre et la population a été informée au travers d'un reportage télévisé diffusé sur la chaîne publique.

Illustrations : Pixabay