De la mer aux hommes, manifeste pour Tahiti et ses îles, le cri d'alarme de Julien Gué

21/01/2020

"J'ai voulu donner au lecteur un autre regard que celui d'un prospectus publicitaire". Dans son premier livre paru aux éditions L'Harmattan, sous le titre "De la mer aux hommes, manifeste pour Tahiti et ses îles", Julien Gué veut montrer Tahiti et la Polynésie autrement, les yeux ouverts sur les beautés inégalables de ces îles sans cacher leurs points noirs.

Julien Gué
Julien Gué

Le peuplement, le tourisme, la culture de la perle ou encore l'évangélisation des îles polynésiennes, Julien Gué y décrit l'archipel sous tous ses aspects. On y apprend notamment que si le magnifique lagon de Bora Bora est encore relativement préservé, il est gravement menacé par la pollution, produit d'une urbanisation incontrôlée et d'un incivisme écologique grave de la population.

Pour cet amoureux de théâtre aujourd'hui devenu écrivain, l'image de la Polynésie est parasitée par les intérêts financiers provenant du tourisme, principal secteur économique de la Polynésie. A ses yeux, il est temps que la Polynésie retrouve son identité : "la Polynésie, ça n'est pas que la vahiné qui danse le tamouré au son du ukulélé. Le ukulélé est un instrument d'origine portugaise et le tamouré vient d'Hawaï. Aujourd'hui, les danses tahitiennes sont des danses réinventées. Et c'est pour tout cela que les Tahitiens sont en train de se construire une identité."

Bora Bora
Bora Bora

"Tahiti, la plus grande île, réunit sur son seul territoire le pire de la société polynésienne et le pire de la société occidentale : les nombreuses constructions en béton, la saleté, la misère, les rues défoncées et les sans-domicile-fixe que l'on croise souvent dans la rue. Mais dès qu'on en sort, on découvre le vrai visage de la Polynésie" nous confie l'auteur. Les photos époustouflantes de la nature polynésienne, présentes à chacun des chapitres, en témoignent. Elles donnent au lecteur une image paradisiaque de ces cent dix-huit îles dispersées sur cinq millions de kilomètres carrés, mais qui, ensemble, représentent une surface pas plus grande que le département du Haut-Rhin.

Amoureux de la Polynésie, Julien Gué l'est depuis toujours. Celui qui, à l'âge de 9 ans, s'est juré d'aller finir ses jours en Polynésie s'est installé depuis 20 ans à Tahiti. Le journaliste qu'il était a pris le temps d'étudier la population ainsi que son évolution depuis ses origines. Il a fait de la radio, monté un journal, avant de revenir à ses premières amours : le théâtre. C'est durant cette période qu'il écrit son livre.

Même si le culte de la beauté est très présent en Polynésie, l'image de la vahiné vêtue de paréo et la chevelure ornée d'une fleur de tiaré ne reflète pas la population polynésienne d'aujourd'hui qui est métissée à plus de 95 %. Et, malheureusement, certaines traditions ont tendance à se perdre. Pour exemple, la consommation du fruit à pain, le 'uru, également appelé l'"arbre aux mille noms", puisqu'il est consommé dans de nombreux pays. On apprend que c'est, sans aucun doute, "en grande partie grâce au fruit de ce végétal exceptionnel que les populations insulaires du Pacifique Sud ont pu survivre et se maintenir au fil des siècles sur ces terres pas toujours aussi paradisiaques qu'il y paraît".

De la mer aux hommes, manifeste pour Tahiti et ses îles est un hommage à ces terres d'une beauté incomparable. Mais c'est aussi un cri d'alarme. Et ce livre qui s'adresse tout particulièrement, dit Julien Gué, à tous ceux qui ne connaissent pas la Polynésie ou qui croient la connaître. ZAyant volontairement exclu les sujets politiques de son livre,  Julien Gué s'attache d'abord aux sujets de société, mais il égratigne un peu l’Église et son pouvoir sur la société polynésienne.


L'Harmattan
33 €
Broché - format : 15,5 x 24 cm
ISBN : 978-2-343-17573-7 • 6 décembre 2019 • 312 pages
EAN13 : 9782343175737
EAN PDF : 9782140137419