La Fèt kaf réunionnaise voit se multiplier les kabars. Mais au fait, c’est quoi un kabar ?

20/12/2019

Le kabar, ou kabaré, ou service kabaré, est une manifestation culturelle traditionnelle de La Réunion. Kayamb, rouler, bobre, danse, chants typiques résonnent dans toute l'île. Ces fêtes réunissent la population créole, mais de plus en plus de kabar sont créés pour les touristes.

Dans les kabars, c'est surtout la musique qui domine, notamment le maloya. Mais le séga, un genre musical populaire de La Réunion, y a aussi sa place.

Chaque année à La Réunion, le 20 décembre est un jour férié qui célèbre l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage de 1848. Les Réunionnais nomment ce jour la "Fèt Kaf". Traditionnellement, c'est autour d'un grand feu que les Réunionnais fêtent l'abolition de l'esclavage, autour duquel ils dansent et chantent au son des musiques traditionnelles. C'est l'occasion pour les chanteurs et les musiciens de faire une représentation dans toute l'île.

Le servis kabaré trouve ses racines dans les cérémonies malgaches que les premiers esclaves venus de Madagascar ont apportées avec eux à La Réunion. Il s'est enrichi du maloya, chanté par les esclaves pour traduire leur misère et pour communiquer entre eux. Peu à peu, cette cérémonie a perdu son ancrage malgache en s'enrichissant par le métissage des cultures indienne, comorienne, européenne, chinoise, etc. C'est ainsi que le kabar réunionnais s'est teinté des influences de tous les rites religieux et culturels de l'île pour devenir le symbole même de la célébration de la libération des esclaves et être aujourd'hui une manifestation culturelle réunionnaise.

A l'origine, cette cérémonie malgache dédiée aux esprits permettait aux vivants de communiquer avec leurs ancêtres. Comme le précisait feu Sudel Fuma, grande référence littéraire de La Réunion, "dans le contexte colonial, le kabaré assure la cohésion sociale, comme le faisait les assemblées d'anciens à Madagascar".

D'aussi loin que la tradition orale permet de le dire, cette célébration se tenait le samedi et durait moins de 24h alors qu'aujourd'hui il dure toute une journée. Par la suite, les célébrations se tenaient le soir et rassemblant jusqu' 500 mille personnes, elles nécessitaient l'autorisation de la police. Aujourd'hui, le 20 décembre est devenu un jour férié, et des kabars sont organisés partout dans l'île, avec des autorisations préfectorales.

Essentiellement musical pendant de longues années, aujourd'hui le kabar réintègre depuis quelques années la tradition orale avec le "kabar laparol" qui sont des débats autour de l'histoire de l'esclavage pour le devoir de mémoire et la transmission culturelle. Des pièces de théâtre sont également montées sur le sujet.