Maro ʻura, un trésor polynésien

29/10/2021

Centrée sur ce trésor polynésien, l'exposition Maroʻura présente une collection d'objets polynésiens rares et précieux, à découvrir au musée du quai Branly-Jacques Chirac jusqu'au 9 janvier 2022.

L'exposition Maroʻura retrace l'histoire et l'importance culturelle de l'un des objets les plus prestigieux des grandes chefferies des îles de la Société. C'est un fragment de ceinture de plumes récemment identifié au musée du quai Branly - Jacques Chirac et prochainement mis en dépôt au Musée de Tahiti et des Îles - Te Fare Manaha.

Le maro ʻura - littéralement "ceinture rouge" - est un objet hors du commun. C'est un fragment composite longtemps considéré comme l'enveloppe d'un to'o, une effigie divine en vannerie, récemment identifié comme pouvant être un fragment de ceinture de plumes extrêmement rare, le maro 'ura.

Liées au culte du dieu 'Oro, ces ceintures sacrées servaient d'objets de mémoire aux communautés. Elles étaient détenues par les ari'i rahi, les plus grands chefs des îles de la Société. De par leur importance, elles n'étaient portées que lors d'importantes cérémonies telles que leur investiture.

À chaque investiture, les maro 'ura étaient rallongées d'une frange de plumes qui matérialisaient la généalogie des grandes chefferies et symbolisaient leur prestige et leur ancienneté.

Manteau de plumes de Hawaï
Manteau de plumes de Hawaï
Costumes de danse de Tahiti
Costumes de danse de Tahiti

Outre sa rareté, ce fragment de maro 'ura constitue un témoignage d'une importance historique sans équivalent. La présence de drap de laine rouge suggère qu'il pourrait s'agir de la ceinture dans laquelle avait été incorporé le fanion utilisé par le capitaine anglais Samuel Wallis pour prendre possession de l'île de Tahiti en 1767. Long d'environ quatre mètres et observé par des navigateurs tels que James Cook et William Bligh jusqu'à la fin du 18e siècle, ce maro 'ura accompagna notamment la prise de pouvoir de la famille Pomare sur Tahiti. Depuis la conversion au christianisme au début du 19e siècle, toutes traces des maro ʻura avaient disparues. Les maro 'ura étaient l'un des objets les plus prestigieux des îles de la Société, un archipel de la Polynésie française dont fait partie Tahiti.

L'idée de l'exposition est née à la suite de l'accord de principe établi entre le musée du quai Branly-Jacques Chirac et le gouvernement de la Polynésie française, visant à présenter ce fragment au public polynésien dans le cadre du projet de rénovation du Musée de Tahiti et des Îles. Jamais exposé auparavant, il s'agissait, avant son retour à Tahiti, de le présenter au public français en abordant un thème essentiel de l'art polynésien : les propriétés matérielles du sacré, du pouvoir des chefs et du divin.

Un collection d'objets polynésiens rares et précieux, à découvrir jusqu'au 9 janvier 2022.