Musée de Villèle

29/12/2019

Dans la maison de maître, et dans les sept pièces du rez-de-chaussée, des meubles et objets d'art décoratif retracent le cadre de vie de la famille Panon-Desbassyns, qui a vécu sur la propriété durant plus de cent quatre-vingt ans. Grâce aux gravures de l'époque, tout y a été redisposé quasiment à l'identique, la vaisselle précieuse, les meubles, l'argenterie. Le visiteur n'a qu'à fermer les yeux pour imaginer la vie d'alors. Estampes, gravures et lithographies représentant des cartes géographiques anciennes, portraits, paysages ou scènes de vie, constituent des repères iconographiques aidant à une meilleure compréhension du développement de l'île Bourbon.

Acheté par le Département en 1974 pour un franc symbolique, le Musée de Villèle est une vitrine de l'histoire de la Réunion. La propriété constituait l'un des plus grands patrimoines fonciers de l'île et se développait principalement entre les ravines de Saint-Gilles et l'Hermitage. Deux dynasties s'y sont succédées, les Panon Desbassayns durant la première moitié du dix-neuvième siècle et leurs descendants, puis, les Villèle jusqu'en 1973. Le Musée est une plongée dans l'histoire de la Réunion, à l'époque des maîtres et de leurs esclaves, mais également des travailleurs engagés. Un retour en arrière où, à chaque pas, se profile l'ombre de Madame Desbassyns.

A l'étage, des expositions temporaires variées, à caractère historique ou artistique, qui ont été conçues afin de mieux comprendre la complexité et la richesse de l'histoire de La Réunion. Une histoire dont l'identité est enrichie par des apports culturels variés, d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Le visiteur peut y découvrir une exposition sur les tenues de l'époque, ou encore sur l'esclavage, un travail de recherche été réalisé par des collégiens. Où que se pose le regard, l'histoire se dévoile, au sud du domaine, on voit encore les vestiges d'une usine à sucre, et qui a édifiée entre les années 1825 et 1827, et dont l'activité s'est poursuivie jusqu'en 1920.

En contrebas de la maison se trouve l'hôpital des esclaves. Construit en pierre mais restant quand même rudimentaire, ses murs blanchis à la chaux permettaient de lutter contre la propagation des maladies. Même s'ils étaient à l'hôpital, les esclaves ne chômaient pas, on leur confiait des travaux compatibles avec leur état de santé, comme par exemple la fabrication des sacs en toile de jute, qui servaient au transport du sucre. Aujourd'hui, une salle mémorial y a été aménagée, et, sur des plaques de basalte, ont été inscrits les noms de tous ceux qui ont servi sur la propriété, leurs noms, âges, origines ethniques et fonctions ont été gravés dans la roche.

Musée de Villèle
Domaine Panon-Desbassyns
97435 Saint-Gilles-les-Hauts
Tél : 0262 55 64 10
https://musee-villele.re/fr


La visite du Domaine Desbassyns se termine par celle de la Chapelle Pointue, construite sur une colline qui surplombe le reste du domaine. C'est en ces lieux, construits du temps de son vivant, que repose Ombline Desbassyns. Des messes y étaient célébrées, et les esclaves avaient le droit d'y assister, ils y ont même été baptisés. Entièrement détruite par un cyclone en février 1932, la chapelle a été reconstruite à l'identique l'année suivante, La construction offre une architecture très originale, en forme de rotonde, la Chapelle Pointue a été classée au titre des monuments historiques en 1970. Elle reste ouverte au public, on y célèbre encore des offices.