La Polynésie française légalise le MMA pour structurer la discipline

10/01/2020

Dans le sillage de la décision de la ministre française du sport, Roxana Maracineanu, qui a légalisé le MMA (Mixed Martial Arts) en France au 1er janvier 2020, la Fédération polynésienne de lutte et la Direction de la jeunesse et des sports ont légalisé la pratique du Mixed Martial Arts (MMA) en Polynésie française le 27 décembre dernier.

Ce sport de combat mêlant judo, karaté, jiu-jitsu, boxe thaï, lutte et d'autres sports de combat va désormais pouvoir se développer en Polynésie. Mais il sera réglementé. La Fédération polynésienne de lutte, en charge du MMA, devra former des arbitres et recruter des coachs, probablement dans l'Hexagone ou à l'étranger. Seuls quelques athlètes polynésiens sont aujourd'hui assez aguerris pour une pratique du MMA à un niveau professionnel. Quelques Tahitiens sont reconnus internationalement dans la discipline, comme Raihere Dudes, lauréat du grand prix du public des Trophées du sport 2019, ou Henri Burns, médaillé d'or en 2016 aux Océania de lutte, et qui possède déjà une salle de MMA sur Moorea. Ce dernier est ravi de ce premier pas : "La légalisation du MMA va changer beaucoup de choses. Il faut que la pratique du MMA puisse entrer dans la formation et créer des opportunités pour des jeunes qui veulent se lancer dans le coaching" concède-t-il.

Dépendant de la Fédération de lutte, unique fédération sportive à répondre à l'appel de la Direction de la jeunesse et des sports en octobre 2019, le MMA va bénéficier d'une reconnaissance officielle même si on ne peut pas encore parler de compétitions, championnats ou combats amateurs.

Dans un premier temps, cette discipline qui compte environ 150 licenciés a besoin d'être structurée et encadrée. Flore Hani, championne de MMA, estime qu'il faudra au moins deux ans avant de voir du concret. La légalisation est une première étape. Mais face au lourd travail à fournir ne serait-ce que pour former les arbitres et les coachs de MMA, Flore Hani reste sceptique.

En étant lié à la fédération de lutte, le MMA est automatiquement affilié à l'IMMAF, la fédération internationale amateur. Cela implique du sérieux car l'IMMAF est un observateur, mais elle est habilitée à exclure la Polynésie si elle estime l'encadrement insuffisant.Si le MMA est très prisé chez les jeunes, peu d'entre eux seraient aujourd'hui capables de faire un vrai combat. L'idéal serait de pouvoir envoyer une délégation polynésienne combattre à l'étranger. Mais elle sera obligée de s'entraîner également à l'étranger par manque de coach en Polynésie. Pour la fédération de lutte, cette légalisation est le moyen de créer le cadre amateur de ce sport qui a du potentiel. Mais elle reconnaît qu'elle va devoir avoir recours à des compétences internationales pour former coachs et arbitres.

Avec du travail, il sera peut-être possible d'envisager des combats amateurs, voire un championnat de Polynésie d'ici quelques années. Le MMA polynésien n'est pas encore structuré, mais le premier pas est fait !