Tropiques toxiques

29/03/2019

Après le succès renconré en 2017 par sa première BD "Peyi an nou" sur le Bumidom, Jessica Oublié boucle la campagne de financement participatif de "Tropiques toxiques", son nouveau roman graphique documentaire sur la pollution par le chlordécone aux Antilles, au-delà de ses prévisions.

Sur les 7.600 euros requis pour le financement de la création de "Tropiques toxiques", la nouvelle BD de Jessica Oublié sur les ravages du chlordécone aux Antilles, la campagne de financement participatif de ce nouveau projet qui s'est clôturée le 24 mars 2019, a rapporté 13.000 euros, soit 171 % du budget initial du projet. Un vrai succès !

Ce budget est affecté au financement des frais de recherche, à la rétribution de l'équipe de création, ainsi qu'au séjour de l'équipe technique en Guadeloupe et en Martinique, au plus près des dégâts causés par le pesticide, début 2020.

Sur sa page Facebook, Jessica Oublié rend compte des différentes étapes du projet. "Grâce à vous, j'ai pu me rendre à la Commission européenne en février dernier pour mettre en discussion notre politique européenne en matière de produits phytosanitaires, j'ai pu m'immerger les derniers jours dans le passé de la ville d'Hopewell en Virginie - ville à jamais marquée par le déversement de képone (chlordécone) dans la rivière dont elle tirait une grande part de son activité économique. "

Le 24 mars, elle écrit : "Je suis en route ce matin pour la Martinique où je rencontrerai préfet, médecin, agriculteur, maraîcher, association... Et je repartirai prochainement pour la France, le Cameroun et l'Allemagne pour mieux comprendre comment l'histoire de ce pesticide s'est écrite dans d'autres territoires."

C'est lors d'un séjour en Guadeloupe que Jessica Oublié, elle-même née de parents Guadeloupéen et Martiniquais, prend conscience des dégâts causés par le Chlordecone, pesticide utilisé notamment pour protéger les bananeraies des charançons.

Il est à noter que la banane antillaise est vendue et consommée dans tout l'Hexagone.

Sur sa page Facebook, Jessica Oublié s'engage auprès de ses contributeurs : "À vous rêveurs de justice environnementale, écocitoyens, curieux des enjeux contemporains de notre monde, je promets de mener ce projet dans la plus grande intégrité intellectuelle et transparence", poursuit l'auteure, de parents guadeloupéen et martiniquais. "À vous qui m'avez fait confiance en m'accordant votre soutien pour la construction d'un objet encore à venir et donc forcément incertain, je garantis une méthodologie de recherche et de questionnement sans faille pour que 'Tropiques toxiques' soit le plus juste reflet de notre si belle mobilisation collective et des questionnements qui nous traversent."

La parution de "Tropiques toxiques" aux éditions Steinkis est prévue courant octobre 2020.

Et l'on peut lui souhaiter le succès de la précédente BD de l'auteure antillaise Jessica Oublié, illustrée par Marie-Ange Rousseau, "Peyi an nou" (Steinkis, 2017), roman graphique documentaire sur la migration institutionnalisée des départements d'Outre-mer vers la France dans les années 1960 à 1980, administrée par le Bumidom, qui a été récompensé par le Prix étudiant de la BD politique de France Culture, distinction reçue en avril 2018.