Bienvenue à La Réunion

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Située dans l'hémisphère Sud, à environ 10 000 kilomètres de l'Hexagone et à environ 685 kilomètres à l'Est de Madagascar, La Réunion est une île de l'Ouest de l'océan Indien. La terre la plus proche est l'île Maurice, située à 170 kilomètres.

D'une superficie de plus de 2 500 kilomètres carrés, La Réunion fait partie de l'archipel des Mascareignes. La république de Maurice, État indépendant du Commonwealth, constituée de l'île Maurice et de l'île Rodrigues sont les deux autres îles de cet archipel.


La Réunion est née d'un volcan, le Piton des Neiges. Il y a plus de 5 millions d'années, celui-ci a percé la croûte terrestre à plus de 4000 mètres de profondeur dans l'océan pour émerger il y a 3 millions d'années. Il culmine à 3 070 mètres pour un diamètre au niveau de la mer d'environ 50 kilomètres. La chaleur relevée au cœur du Piton en sommeil continue de chauffer l'eau des Thermes de Cilaos. Avec les arêtes de la caldeira de 13 kilomètres de large qui cercle le Piton de la fournaise, volcan actif, ses montagnes vertigineuses donnent un cachet particulier à l'île.

Deux randonneurs au Piton des Neiges.
Deux randonneurs au Piton des Neiges.

Les villes

La Réunion est divisée en 24 communes. Son chef-lieu est Saint-Denis, et l'on peut découvrir l'univers des villes en cliquant sur leurs liens...

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Géographie

Cratère du Piton de la Fournaise
Cratère du Piton de la Fournaise

La Réunion est née d'un volcan qui s'est élevé des profondeurs de l'océan Indien. Ce volcan, le Piton des Neiges, occupe les trois cinquièmes de la surface de l'île. Malgré son nom, il est très rare d'observer de la neige sur son sommet. A l'Est de l'île se trouve le Piton de la Fournaise, un deuxième volcan né il y a environ 500 000 ans, donc plus récent et classé parmi les plus actifs de la planète.
La partie émergée de l'île ne représente qu'environ 3% de sa masse sous-marine.

Le relief de l'île est très accidenté en raison d'une très forte érosion. Au centre de l'île, l'érosion a creusé trois vastes et profonds cirques : Salazie, Mafate et Cilaos. Les pentes de l'île sont striées par une multitude de rivières enclines à des crues rapides, et de profondes ravines au fond desquelles serpentent des torrents et de cascades qui entaillent les flancs des montagnes.

L'ancien Piton des Neiges et le jeune Piton de la Fournaise sont séparés par la plaine des Palmistes et

Le "Sud sauvage"
Le "Sud sauvage"

la plaine des Cafres, des plateaux permettant de relier l'Est au Sud de l'île.  En dehors des plaines, les zones côtières sont généralement plus plates notamment au Nord et à l'Ouest de l'île. Le littoral Sud appelé "Sud sauvage" est plus escarpé.

Plage de l'Étang-Salé sur le littoral
Plage de l'Étang-Salé sur le littoral

Entre le littoral nommé "les Bas" et les zones très élevées, nommées "les Hauts", s'étend une pente dont la dénivellation varie avant d'atteindre les lignes de crêtes qui encerclent les cirques ou l'Enclos, caldeira du Piton de la Fournaise.

Le cirque de Mafate
Le cirque de Mafate

Climat

Le climat tropical humide de La Réunion est tempéré par l'influence océanique et les vents Alizés. L'imposant relief de l'île crée de nombreux microclimats. D'importants écarts de précipitations et de températures sont relevés entre l'Est de l'île, appelé côte au vent, l'Ouest de l'île appelé côte sous le vent, les littoraux et les zones d'altitude.

Deux saisons se distinguent à La Réunion. La saison des pluies qui va de janvier à mars reçoit la plus grande part des précipitations annuelles. La saison sèche, elle, va de mai à novembre. Cependant, l'Est de l'île et les rampes du volcan peuvent être fortement arrosés même en saison sèche. Les mois d'avril et décembre qui font office d'intersaisons peuvent être très pluvieux ou parfois très secs.

Le flamboyant fleurit à la fin de la saison sèche
Le flamboyant fleurit à la fin de la saison sèche
Le cyclône Bénilde proche de La Réunion en janvier 2012.
Le cyclône Bénilde proche de La Réunion en janvier 2012.

Les températures sont relativement douces toute l'année. En saison chaude, de novembre à avril, elles oscillent entre 21°C et 31°C sur la côte, et entre 10°C et 24°C en altitude. Pendant la saison froide, de mai à octobre, elles varient entre 17°C et 28°C sur la côte et entre 8°C et 21°C en altitude. Dans les villes de montagne, les températures oscillent entre 12°C et 22 °C, provoquant des gelées dans les zones les plus élevées et parfois de la neige sur les sommets.

La saison cyclonique va de novembre à avril. Située dans le bassin de formation des cyclones tropicaux du Sud-Ouest de l'océan Indien, l'île peut être frappée par des cyclones avec des vents soufflant à plus de 200 kilomètres/heure et occasionnant des pluies diluviennes. Depuis 1993, l'activité cyclonique tropicale de toute la zone fait l'objet d'une surveillance permanente des services météorologiques locaux et internationaux.

Histoire

S'il est vrai que les navigateurs portugais sont les premiers à s'intéresser à cette île volcanique au cœur de l'océan Indien, le nom du découvreur reste incertain. Est-ce Tristan de Cunha, Diego Fernandes Pereira, Diego Lopes de Segueira ou Pedro Mascarenhas ? En revanche, il ne fait aucun doute que l'île est accostée le 9 février 1507,  jour de la Sainte-Apolline, d'où elle tient son nom de Santa Apolonia. Elle sert alors d'escale aux navires portugais en route vers les Indes. Ainsi, Diego Lopes de Sequeira y mouille en 1509. Pedro de Mascarenhas, en route pour prêter main forte au gouverneur des Indes portugaises aux prises avec une révolte,  l'accoste en 1513. Et le pilote Diego Fernandez Pereira la signale en 1516. Ceci dit, l'histoire attribue la découverte à Pedro de Mascarenhas.

En 1520, Mascarenhas baptise l'archipel Islas Mascarenhas, îles Mascareignes en français. En 1528, alors qu'il revient des Indes avec son ami Diego Rodrigues, il accoste la petite île qu'il nomme Rodrigues, et fait ensuite escale à Santa Apolonia où il décharge son surplus de cargaison de bétail qu'il libère sur l'île et repart avec une réserve d'eau douce.

Dès lors, Santa Apolonia sert d'escale de décharge aux navigateurs occasionnels. Ainsi, plantes, fleurs et animaux viennent enrichir sa faune et sa flore.

Les marchands arabes qui sillonnent l'océan Indien de longue date pour commercer avec les pays de la zone connaissent les trois îles de l'archipel.

Carte d'Al Sharif el-Edrissi, figurant les 3 îles sous leur nom arabe.
Carte d'Al Sharif el-Edrissi, figurant les 3 îles sous leur nom arabe.

En effet, une carte datée de 1153, dessinée par le géographe arabe, Al Sharif el-Edrissi, montre les trois îles des Mascareignes sous les noms de Dina Arobi, signifiant "île abandonnée" (Maurice), Dina Morgabin signifiant "île de l'Ouest" (La Réunion) et Dina Moraze signifiant "île de l'Est" (Rodrigues).

En 1613, c'est le pirate anglais Blackwell, qui y jette l'ancre. Il nomme l'île England's Forest du fait de sa végétation luxuriante.


Santa Apolonia suscite peu l'intérêt des Européens qui y mouillent sans en prendre possession. Pour les navires du 16e siècle, le littoral déchiqueté de l'île et ses récifs de corail sont de vrais dangers. Par contre, située plus au Nord, avec des côtes plus faciles d'accès, l'île Maurice suscite la convoitise.

Quelques 130 ans après la découverte de l'île, en 1638, en route pour Madagascar, le Saint-Alexis, voilier français de la Compagnie des Indes, commandé par Alonse Goubert, accoste Santa Apolonia. Il prend possession de l'île au nom du roi Louis XIII, fixe les armoiries royales à un tronc d'arbre et reprend sa route.

En 1638, les Hollandais prennent possession de l'île centrale qu'ils baptisent Mauritius en l'honneur de leur prince, Maurice de Nassau. Ils y construisent un fort mais n'y installe aucune colonie. L'île leur sert d'escale.

Les Français, occupés à installer la colonie française de Fort-Dauphin dans le Sud de Madagascar, prennent possession des deux autres îles et repartent.

En 1642, Jacques de Pronis, nommé gouverneur de Fort-Dauphin, se dirige vers Madagascar pour prendre ses fonctions. A bord d'un navire de la Compagnie française de l'Orient, il accoste l'île et en prend possession au nom du roi Louis XIV. Il la nomme Mascarin et poursuit sa route. Le lieu où il plante son drapeau se nomme aujourd'hui La Possession.

Fort Flacourt. Colonie de Fort-Dauphin.
Fort Flacourt. Colonie de Fort-Dauphin.

En 1646, les colons de Fort-Dauphin se rebellent contre l'autorité de Jacques de Pronis qui exile les douze meneurs mutins sur l'île Mascarin. Dépêché pour remettre de l'ordre à Fort-Dauphin, Étienne de Flacourt relève Jacques de Pronis.

Il rapatrie les exilés, dont l'excellente santé intrigue. En décembre 1649, Étienne de Flacourt et Roger Lebourg, capitaine du Saint-Laurent, prennent à nouveau possession de l'île au nom du roi Louis XIV. Ils la baptisent île Bourbon du nom de la dynastie royale de France, puis repartent.

En 1654, c'est à nouveau la révolte à Fort-Dauphin. Étienne de Flacourt exile à l'île Bourbon treize mutins et six serviteurs malgaches. Le groupe s'installe à Saint-Paul, mais un cyclone dévaste l'île et ils sont rapatriés. Leur bonne santé intrigue Fort-Dauphin où règnent la maladie.


Le peuplement de l'île ne débute qu'en 1663, avec l'installation dans la région de Saint-Paul de deux colons français, Louis Payen et un compagnon, accompagnés de sept serviteurs et trois servantes malgaches, venus de Fort-Dauphin avec du bétail, des semences et des outils. Mais les relations entre maîtres et serviteurs se dégradent. Les serviteurs se rebellent et se réfugient dans les "Hauts" où ils font souche. Leurs enfants sont les premiers natifs de l'île, et, parmi eux, peut-être une descendance de colons.

En 1665, mandaté par la Compagnie des Indes Orientales pour coloniser l'île, Étienne Régnault, qui en sera le premier gouverneur, débarque à Saint Paul avec vingt colons.  Ils fondent les premiers quartiers à Saint-Denis et Sainte-Suzanne. Louis Payen quitte l'île. Les colons, abusent de la générosité de l'île si bien que certains animaux, comme le dodo, oiseau emblème de l'île Maurice, ont aujourd'hui disparu.

Premier quartier de Saint-Denis
Premier quartier de Saint-Denis

En 1674, à Fort-Dauphin, les malgaches se révoltent et attaquent la colonie, massacrant 75 ans colons. Une vingtaine de survivants parviennent à rejoindre l'île Bourbon. La colonisation de Madagascar avorte. Celle de l'île Bourbon, qui déjoue une révolte de ses serviteurs malgaches, se poursuit avec les survivants de Fort-Dauphin.

A cette époque, l'île vit pratiquement en autarcie. La liaison maritime avec l'Hexagone est épisodique. En quarante ans, la colonie passe lentement de 30 à 700 habitants essentiellement des hommes. La Compagnies des Indes peine à intéresser de nouveaux colons, et la colonie manque de femmes. Alors, les colons font venir leurs épouses de Madagascar et d'Inde portugaise. Des pirates repentis anglais, hollandais et italiens s'installent dans l'île pour y fondent leurs familles. Ainsi, dès le début du peuplement de Bourbon, sa population se construit par le métissage et la tolérance.

Au début du 18e siècle, l'expansion coloniale française se renforce face à la toute puissance de l'empire britannique. La Compagnie des Indes orientales décide alors de rentabiliser l'île Bourbon grâce à la culture intensive du café. Mais pour ce faire, l'île a besoin de main d’œuvre. Les colonies des Caraïbes ayant recours à l'esclavage depuis déjà plus d'un siècle, la Compagnie des Indes s'emploie à l'étendre à l'île Bourbon. Elle attribue aux colons des concessions en leur imposant la plantation de pieds de café importés d'Arabie et dont la production est destinée à l'exportation.

Dans l'Hexagone, le code noir préparé par Colbert qui meurt deux ans avant son édiction par Louis XIV, en 1685, durcit la vie des esclaves conditionnés par la violence et les règles de restriction extrêmes dans le but d'une meilleure rentabilité. En 1723, un code est édicté spécifiquement pour les Mascareignes .

En 1710, les Français récupèrent l'île Maurice, abandonnée par les Hollandais, la rebaptisent île de France et la développent. L'archipel est régi depuis le palais du gouverneur installé à Port-Louis.


Mais c'est aussi la grande époque des pirates. Olivier Levasseur dit "La Buse", pirate originaire de Calais, et son associé John Taylor écument l'océan Indien depuis que les Caraïbes sont quadrillées par les flottes anglaise et française.

Le maigre butin du négrier "Duchesse de Noailles" qu'ils attaquent ne satisfaisant pas leur avidité, ils incendient le vaisseau avec sa cargaison. De nombreuses denrées partent en fumée et des dizaines d'esclaves meurent brûlés vifs.

Les autorités locales et les colons des Mascareignes pour qui ces denrées et surtout la main d'œuvre esclave sont d'une grande valeur lancent la chasse aux pirates.

Arrêté, La Buse est pendu en juillet 1730, et enterré au cimetière marin de Saint-Paul. Selon la légende, lorsqu'il était sur l'échafaud, il aurait jeté un cryptogramme dans la foule en lançant : "Mon trésor à qui saura le prendre !" Depuis, des chasseurs de trésor s'échinent à le trouver.


Statue de François Mahé de Labourdonnais sur la place du Barachois à Saint-Denis.
Statue de François Mahé de Labourdonnais sur la place du Barachois à Saint-Denis.

En 1715, à la mort de Louis XIV, l'île compte 2000 habitants dont la moitié est constituée d'esclaves africains et malgaches et de travailleurs « engagés » travaillant sous contrainte mais que planteurs ne peuvent pas vendre. La culture du café accélère le peuplement de l'île. Sous le gouvernement de François Mahé de la Bourdonnais, de 1735 à 1746, l'île Maurice et l'île Bourbon se développent de manière considérable. Mahé de La Bourdonnais modernise les deux îles à renforts de grands travaux coûteux, dépenses qui lui valent l'hostilité de quelques directeurs de la Compagnie des Indes, à Paris. La culture des épices (girofle et muscade) introduites par le botaniste Pierre Poivre vient compléter celle du café, accroissant la rentabilité des îles avant que la canne à sucre, encore plus rentable, soit généralisée.


À la Révolution, rebaptisée La Réunion, l'île compte près de 50 000 habitants dont une majorité d'esclaves. Quand la Convention proclame la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en 1789 énonçant le principe de l'abolition de l'esclavage, et décrète ensuite l'abolition de l'esclavage en 1794, les planteurs refusant l'application de ce décret révolutionnaire et afin d'éviter toute révolte, rien ne filtre chez les esclaves des Mascareignes.

Cependant, beaucoup d'esclaves profitent du relief escarpé de l'île pour s'enfuir et se réfugier dans les Hauts, dont ils deviennent les premiers habitants, à l’exemple de l'esclave malgache "Tsilaos", qui, selon certains historiens, se serait réfugié dans le cirque de Cilaos. Ce dernier a été baptisé de son nom en souvenir de lui. Les chasseurs d'esclaves traquent ces "nègres marrons" avec une brutalité extrême, allant souvent jusqu'au meurtre.

Meurtre d'esclave en fuite, Gravure John Gabriel Stedman. Wikipedia
Meurtre d'esclave en fuite, Gravure John Gabriel Stedman. Wikipedia

Toussaint Louverture
Toussaint Louverture

Pendant les guerres de l'Empire, les Anglais s'emparent des Mascareignes. L'île de France devient Maurice, mais les colons restent fidèles à la France. Bonaparte récupère l'archipel par le traité d'Amiens en mars 1802 et édicte une loi de maintien de l'esclavage dans les colonies françaises et de rétablissement en Guadeloupe.

A Saint-Domingue, ce rétablissement ne passe pas. Menée par Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines, le population arrache son indépendance à Bonaparte au prix du sang et devient, en 1804, la république d'Haïti, la toute première république noire au monde.

1848, le gouvernement  provisoire abolit l'esclavage - Assemblée nationale
1848, le gouvernement provisoire abolit l'esclavage - Assemblée nationale

En 1848, six mois après la promulgation du décret d'abolition de l'esclavage impulsé par Victor Schoelcher en France, le gouverneur Joseph Napoléon Sébastien Sarda, dit Sarda-Garriga, débarque à La Réunion avec le décret. Sitôt à Saint-Denis, le 19 octobre, il promulgue le décret d'abolition mais avec une entrée en application le 20 décembre 1848, après la récolte de la canne à sucre, en accord avec les planteurs. L'île compte alors 110 000 habitants dont 70 000 esclaves.

Face à l'abolition de l'esclavage et pour prétendre à l'indemnité prévue au décret, les planteurs multiplient les affranchissements. Quand Sarda-Garriga promulgue le décret, la majorité des esclaves est déjà émancipée. Malgré leur indemnisation, les planteurs contournent l'interdiction de l'esclavage en sanctionnant le "vagabondage" qui force les affranchis à devenir des "engagés". Face à leur résistance, les planteurs n'ont d'autre moyen que de faire venir des "travailleurs sous contrat" de la côte Malabar au Sud de l'Inde et de Chine. Ces engagés travaillent gratuitement pour rembourser leur voyage, mais leur contrat prévoit l'attribution d'une parcelle de terre à la fin de leur durée d'engagement.

L'Emancipation à La Réunion ou publication du décret d'abolition de l'esclavage à La Réunion le 20 octobre 1848 - Huile d'Alphonse Garreau - Musée du Quai Branly-Jacques Chirac
L'Emancipation à La Réunion ou publication du décret d'abolition de l'esclavage à La Réunion le 20 octobre 1848 - Huile d'Alphonse Garreau - Musée du Quai Branly-Jacques Chirac

Depuis 1983, le 20 décembre est un jour férié et chômé à La Réunion. Pour les Réunionnais, c'est la "Fêt Kaf'", ainsi dénommée en mémoire des anciens esclaves africains nommés Cafres d'après le terme Kâfir, signifiant infidèle, utilisé par les négriers arabes qui font commerce de la traite dans la zone. Mais c'est aussi la fête de la Liberté.


A partir de 1865, l'économie sucrière s'effondre. Malgré la modernisation des infrastructures avec la construction d'un chemin de fer en 1882 et du port de la Pointe des Galets en 1886, la Réunion traverse une longue période de récession. L'île perd près de 3 000 Réunionnais dans la Première guerre mondiale, et la grippe espagnole en emporte près de 10 000.

Dans les années 20, La Réunion s'efforce de se redresser. Mais pendant la Seconde guerre mondiale, les alliés lui infligent un sévère blocus. Son ralliement à la France libre en 1942 atténue cette dure période de famine et de débrouille.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la loi de départementalisation du 19 mars 1946 octroie à La Réunion le statut de département assorti d'une politique d'assimilation.

 L'île entame alors son développement économique, démographique et social sous l'impulsion de Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, qui devient député de La Réunion.

En 1963, Michel Debré crée le Bumidom (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'Outremer), qui a pour mission d'aider à résoudre les problèmes démographiques des départements d'Outremer. En 1982, le Bumidom est remplacé par l'ANT (Agence nationale pour l'insertion et la promotion des travailleurs d'outre-mer), qui devient LADOM (Agence de l'Outremer pour la mobilité) en 1992.

Les actions du Bumidom ont inspiré la création du CNARM (Comité national d'accueil et d'actions pour les Réunionnais en mobilité) fondé en 1965 pour aider les Réunionnais à trouver du travail dans l'Hexagone.


En 1982, la loi de décentralisation crée le Conseil Régional au côté du Conseil Général.

En 1984, La Réunion crée sa propre Académie. En 1992, elle devient région européenne, et en 1997, par le traité d'Amsterdam l'île devient une région ultrapériphérique de l'Europe.

Au début du 21e siècle, La Réunion poursuit son développement. Sa croissance est plus élevée que celle de l'Hexagone. De grands travaux d'aménagement du territoire sont menés, comme la Route des Tamarins, qui désengorge une partie des artères de l'île en reliant Saint-Pierre à Saint-Paul depuis 2009.

Siège du conseil régional
Siège du conseil régional
Route des tamarins, viaduc de Saint-Paul
Route des tamarins, viaduc de Saint-Paul

La Réunion, est aujourd'hui une région moderne dotée d'une économie dynamique, avec de nombreuses infrastructures. Sa jeunesse est  tournée vers l'avenir, notamment les startups très actives dans le numérique. Mais des écarts restent à combler par rapport à l'Hexagone, notamment en matière de social et d'éducation.

Administration

Région monodépartementale, La Réunion est administrée par un Conseil départemental et un Conseil Régional, qui travaille étroitement avec l'Association des maires de La Réunion (AMDR). L'article 73 de la Constitution permet qu'une collectivité territoriale unique se substitue à la région et au département. Mais à l'inverse de la Guyane ou de la Martinique, La Réunion n'a aucun projet en ce sens. Par ailleurs, la Constitution a exclu La Réunion de la possibilité de recevoir du Parlement une habilitation à fixer elle-même certaines règles relevant de la loi ou issues de l'exécutif national.

L'État est représenté à La Réunion par un préfet basé à Saint-Denis, et trois sous-préfets à Saint-Benoît, Saint-Paul et Saint-Pierre. Le territoire est divisé en quatre arrondissements (Saint-Benoît, Saint-Denis, Saint-Paul, et Saint-Pierre).

D'autre part, La Réunion abrite la préfecture des T.A.A.F. dans sa deuxième ville, Saint-Pierre, principale commune du Sud de l'île.

Siège du Conseil départemental à Saint-Denis
Siège du Conseil départemental à Saint-Denis
L'ancien palais du gouverneur accueille aujourd'hui la préfecture de La Réunion
L'ancien palais du gouverneur accueille aujourd'hui la préfecture de La Réunion

Population

Au 1er janvier 2019, l'Insee a recensé 853 700 habitants sur les 2 512 kilomètres carrés de territoire que compte l'île. C'est le département d'Outremer le plus peuplé. Composée de 51% de femmes et de 49% d'hommes, la population réunionnaise est jeune. En effet, 48 % des Réunionnais ont moins de 25 ans.

Même si la croissance démographique stagne depuis quelques années autour d'1 % par an, les projections prévoient que La Réunion aura franchi la barre du million d'habitants avant 2050. En raison d'un relief très montagneux, la population vit principalement dans les zones côtières de l'île.

Saint-Denis, Saint-Pierre et Saint-Paul, respectivement les trois premières villes de l'île, administrent à elles trois plus de 65 % de la population.

Les Réunionnais sont majoritairement chrétiens (environ 87% selon les registres), et un dialogue interreligieux est instauré avec les 4,5% d'hindouistes, les 4,2% de musulmans, les 0,2% de bouddhistes, ainsi qu'avec les adeptes des autres pratiques religieuses. La population réunionnaise a élevé le métissage au rang de culture et construit son  "vivre ensemble" sur un socle de tolérance.

Économie

L'économie réunionnaise est principalement tirée par trois secteurs : l'agriculture, l'agroalimentaire et le tourisme. L'agriculture et l'agroalimentaire dominent, avec notamment la canne à sucre et ses produits dérivés (sucre, rhum, énergie).

Canne à sucre en fleurs
Canne à sucre en fleurs

 De plus, La Réunion est une destination privilégiée pour le tourisme avec son patrimoine qui allie un paysage lunaire autour d'un volcan actif, des montagnes vertigineuses, des forêts tropicales, de nombreuses cascades et des bassins d'eau douce, aux lagons bordés de plages de sable blanc, et aux récifs coralliens. Le classement de ses magnifiques paysages au patrimoine mondial de l'Unesco en 2010 dans la catégorie "Piton, cirques et remparts" a bénéficié à l'économie touristique.

Tourisme

Au-delà de son climat tropical, la diversité de ses plages : lagon peu profond, spots de surf, plage de sable noir ou plages coralliennes, les atouts de La Réunion résident aussi dans ses paysages spectaculaires, ses forêts primaires, ses ravines encaissées, ses chutes d'eau, sa caldeira, son volcan actif, le Piton de la Fournaise, peu dangereux, mais également dans sa population métissée et tolérante, sa gastronomie pleine de saveurs, son art de vivre créole avec le confort d'un département français.

Plat typique de La Réunion : rougail saucisse, lentilles et riz.
Plat typique de La Réunion : rougail saucisse, lentilles et riz.
Plage de Boucan Canot
Plage de Boucan Canot

Dans les années 90, le tourisme se développe fortement à La Réunion, jusqu'à dépasser les revenus de la canne à sucre. En 2002, l'île se classe au cinquième rang des destinations lointaines choisies par les Français de l'Hexagone. Mais en 2005, la crise s'amorce, et misant sur l'attachement des Réunionnais à leur île, les actions du secteur favorisent le tourisme local en ciblant des traditions comme le pique-nique dominical avec l’aménagement d'espaces prévus à cet effet, et l'installation de foyers permettant de cuisiner sur les plages,.

Fin 2006, le rapport d'Odit pointe les problèmes structurels du secteur notamment un mauvais ciblage de la clientèle et un positionnement flou du "produit La Réunion" face à une concurrence qui se renforce dans l'océan Indien.

Le tourisme voit une légère reprise en 2007 qui se poursuit en 2008, mais les résultats restent inférieurs à ceux de 2005. Depuis 2014, le nombre de visiteurs européens est en augmentation. Mais les touristes venant de l'Hexagone représente plus de 75%.

Cascade Saint-Denis
Cascade Saint-Denis

L'année 2018 voit une augmentation des touristes extérieurs. Le trafic aérien enregistre son meilleur score, avec plus de 2,5 millions de passagers. L'activité reste dynamique sur l'axe Hexagone-La Réunion. En parallèle, le nombre de croisiéristes est en augmentation. Mais, le mouvement social de fin d'année a entrainé des annulations. La fréquentation hôtelière recule après trois années de hausse.

Infos pratiques

Décalage horaire

  • Heure GMT + 4
  • Hexagone / Réunion : + 3h en hiver hexagonal et + 2h en été hexagonal
  • Afrique du Sud / Réunion : + 2h
  • Madagascar / Réunion : + 1h
  • Singapour / Réunion : 4h
Administratif
  • Pour les ressortissants français ou de l'Union Européenne : se munir d'une carte d'identité ou passeport en cours de validité.
  • Pour les ressortissants des pays étrangers (hors Union Européenne) : se munir d'un passeport en cours de validité, un visa le cas échéant (ex: l'Afrique du Sud). Un titre de transport retour ou une continuation de voyage sont obligatoires.

Formalités santé

  • Pour les passagers en provenance de pays endémiques : vaccination contre la fièvre jaune et le choléra requis. Pas de paludisme à La Réunion.
  • Chiens et chats : l'importation en franchise est limitée à 3 animaux dont au plus un jeune de moins de 6 mois, aux conditions suivantes : les animaux doivent être âgés de plus de 4 mois, tatoués, et vaccinés contre la rage depuis au moins un mois. Un certificat de vaccination antirabique en cours de validité de plus d'un mois et de moins d'un an, et un certificat sanitaire de moins de 5 jours, établi par un vétérinaire officiel du lieu de départ, attestant de la bonne santé de l'animal sont requis. A défaut les animaux sont mis en quarantaine.
  • Autres animaux : Se renseigner auprès de la Direction des Services Vétérinaires de La Réunion, Parc de la Providence - 97488 Saint-Denis cedex. Tél. 02 62 48 61 26 - Fax: 02 62 48 61 30 ou à la Direction Générale de l'Alimentation 175, rue du Chevaleret - 75013 Paris. Tél. 01 49 55 84 87 Bureau de Surveillance du Territoire - Relation Internationale.
  • Végétaux : Il est interdit d'introduire à La Réunion par voie postale ou dans les bagages individuels de voyageurs aériens ou maritimes, tout matériel végétal frais : bulbes, rhizomes, plantes ou parties de plantes, fleurs, légumes et fruits frais. Ces produits à risques doivent obligatoirement être introduits par la voie du fret aérien ou maritime, où ils subissent les contrôles phytosanitaires requis. Service de protection des végétaux, Tél. 02 62 48 61 45.

Aéroport Roland Garros

L'aéroport international de La Réunion Roland Garros est situé à 10 kilomètres de Saint-Denis.

Eau - électricité

L'eau est potable partout. Le voltage normal est de 220 volts

Conduire à La Réunion

Pour conduire à la Réunion : il est nécessaire de posséder le permis de conduire français ou international.

Le réseau routier est doté de 314 kilomètres de routes nationales, de 754 kilomètres de routes départementales, et près de 1 600 kilomètres de voies communales.

La conduite s'effectue sur la voie de droite selon les normes françaises en application du code de la route.

Comment s'habiller

Prévoir des vêtements d'été légers, mais aussi quelques lainages. Dans les hauts de l'île, les températures sont plus fraîches le soir. Entre juillet et novembre, la température dans les hauts peut descendre jusqu'à 10°C dans la journée et 6°C la nuit.

Heures d'ouverture des bureaux et commerces

  • Bureaux : de 8h à 12h et de 14h à 18h
  • Commerces : de 8h30 à 12h et de 14h30 à 18h

Services bancaires

  • Monnaie utilisée : Euro
  • Cartes de crédit acceptées à La Réunion : Carte bleue, Visa, Master Card, Dinner's, Eurocard, American Express.
  • Les banques sont généralement ouvertes du lundi au vendredi de 8h à 16h.
  • Des distributeurs automatiques de billets permettent à toute personne porteuse de cartes bancaires étrangères (Mastercard, Visa, Eurochèques, Cirrus) de retirer des Euros.

Services médicaux et urgences

  • Les services de santé sont assurés dans toute l'île selon les normes françaises.
  • L'île compte 1 164 médecins, 266 pharmaciens et plus d'une vingtaine d'hôpitaux et cliniques doté d'équipements sophistiqués et modernes.
  • Le service de garde est assuré dans toutes les villes la nuit, le week-end et les jours fériés.