Bienvenue en Nouvelle-Calédonie

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Située en Océanie et en Mélanésie, à près de 17 000 kilomètres de l'Hexagone, baignée par la mer de Corail et l'océan Pacifique, la Nouvelle-Calédonie regroupe un ensemble d'îles et d'archipels sur une superficie d'environ 18 600 kilomètres carrés. Elle est à plus de 1 400 kilomètres à l'Est-Nord-Est de l'Australie, à environ 1500 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de la Nouvelle-Zélande. Sa voisine la plus proche, le Vanuatu se trouve à 539 kilomètres au Nord-Nord-Est.

Avec 24 000 kilomètres de lagon, 1 600 kilomètres de barrière corallienne, des atolls, des groupes d'îles, dont certaines inhabitées, des forêts tropicales et une chaîne montagneuse qui culmine à 1 629 mètres au mont Panié, les paysages de la Nouvelle-Calédonie sont encore préservés du tourisme de masse. La biodiversité néocalédonienne est considérée comme la plus riche au monde avec des espèces très anciennes.

Les provinces et les villes

La Nouvelle-Calédonie et ses îles sont organisées en 3 provinces divisées en 33 communes. Son chef-lieu est Nouméa, et l'on peut découvrir l'univers des îles et des villes en cliquant sur leurs liens...

Les provinces | Province Nord | Province Sud | Iles Loyauté |

Les villes | Bélep | Boulouparis | Bourail | Canala | Dumbéa | Farino | Hienghène | Houaïlou | Île des Pins | Kaala-Gomen | Koné | Kouaoua | Koumac | La Foa | Lifou | Maré | Moindou | Mont-Dore | Nouméa | Ouégoa | Ouvéa | Païta | Poindimié | Ponerihouen | Pouébo | Pouembout | Poum | Poya | Sarraméa | Thio | Touho | Voh | Yaté |


Piscine naturelle sur l'île des Pins
Piscine naturelle sur l'île des Pins

Géographie

La Nouvelle-Calédonie se compose de cinq archipels. Chacune possède une origine géologique différente. La Nouvelle-Calédonie, ou Grande Terre, comprend : l'île des Pins, à 50 kilomètres à l'Est-Sud-Est de la pointe Sud de la Grande Terre ; l'archipel Bélep, à 47 kilomètres au Nord-Ouest de l'extrémité Nord de la Grande Terre ; les îles Loyauté à une centaine de kilomètres au Nord-Est de la Grande Terre, îles coralliennes situées au-dessus d'anciens volcans effondrés par bombement de deux plaques océaniques ; les récifs de l'Astrolabe à 117 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest d'Ouvéal'île la plus au Nord des îles Loyauté.

La Nouvelle-Calédonie compte également d'autres récifs : le récif Pétrie situé à 298 kilomètres au Nord-Ouest d'Ouvéa ; les récifs d'Entrecasteaux à 223 kilomètres au Nord-Nord-Ouest de la pointe Nord-Est de la Grande Terre, ensemble de récifs à fleur d'eau, d'atolls et d'îlots dont notamment les atolls de Huon, du Portail et de la Surprise ; les îles Chesterfield à 534 kilomètres à l'Ouest de la pointe Nord de Grande Terre, récifs à fleur d'eau et îlots du plateau océanique ; l'île Walpole, à 201 kilomètres à l'Est de la pointe Sud de la Grande Terre, située dans le prolongement des îles Loyauté ; les îles Matthew et Hunter, respectivement situées à 446 et 521 kilomètres à l'Est de la pointe Sud de la Grande Terre, îlots volcaniques formant l'extrémité sud de l'arc des Vanuatu. La Nouvelle-Calédonie n'a pas de frontière terrestre, mais des frontières maritimes avec le Vanuatu et les îles Fidji.

L'île principale, Grande Terre, s'étend sur 400 kilomètres de long et 65 kilomètres dans sa plus grande largeur. C'est une île qui s'allonge sur 16 346 kilomètres carrés, autour d'un axe orienté du Sud-Est au Nord-Ouest. Elle développe sur pratiquement toute sa longueur une chaîne de montagnes, la Chaîne Centrale, dominée au Nord par le Mont Panié, qui culmine à 1 628 mètres d'altitude, et au Sud par le mont Humboldt, haut de 1 618 mètres. Orientée vers l'Est, elle est bordée au Nord et à l'Ouest par un ensemble de collines, de petits plateaux et de basses plaines protégés des vents dominants. De ce fait, l'île offre un paysage de savane et de forêt sclérophylle dont la végétation est adaptée à la sécheresse.

A l'Est, la Chaîne Centrale se termine par des versants raides qui tombent directement dans la mer, ne laissant par endroits qu'une étroite bande littorale exposée aux alizés, et aux fortes précipitations, offrant une végétation luxuriante. Au Sud de ces montagnes, se trouve le bassin de la Plaine des Lacs, caractérisé par des paysages de maquis minier, sur un sol ferreux qui doit à son nom de "terre rouge" à sa couleur rouge. Ce site abrite le plus grand lac de la Nouvelle-Calédonie. D'une superficie de 40 kilomètres carrés, le lac artificiel de Yaté résulte de la construction d'un barrage hydroélectrique.

Tout le reste du territoire culmine à des altitudes inférieures à 1 500 mètres, si bien que les trois quarts de la Grande Terre ne dépassent pas 500 mètres d'altitude. La Nouvelle-Calédonie possède un relief montagneux sur plus de 80 % de sa superficie.

Paysage de montagne au centre de Grande Terre.
Paysage de montagne au centre de Grande Terre.

La Grande Terre est prolongée par les îles Belep et les récifs d'Entrecasteaux au Nord-Ouest et l'île des Pins au Sud-Est. L'ensemble est enfermé dans un grand lagon de 24 000 kilomètres carrés, ce qui en fait l'un des plus grands lagons du monde. Il est ceinturé par une barrière de corail d'une longueur de 1 600 kilomètres, la deuxième après la grande barrière de corail, en Australie. La température de la mer oscille entre 22 et 30°C. La profondeur du lagon dépasse rarement les 40 mètres, à l'exception du Grand Passage, un détroit de 500 à 600 mètres de profondeur. 15 000 kilomètres carrés du lagon de Nouvelle-Calédonie ont été classés le 7 juillet 2008 au patrimoine mondial de l'Unesco.

Plage de Shabadran sur l'île de Maré (Îles Loyauté)
Plage de Shabadran sur l'île de Maré (Îles Loyauté)

Les îles Loyauté sont composées de trois grandes îles : Maré au Sud-Est, Ouvéa au Nord-Ouest, Lifou entre les deux, et d'un île plus petite, Tiga, d'une superficie d 10 kilomètres carrés. Pour mieux visualiser, Lifou, l'île la plus vaste, avec une superficie de 1 207 kilomètres carrés, est plus grande que la Martinique. Contrairement à la Grande Terre, les îles Loyauté possèdent un relief peu élevé qui culmine à 138 mètres d'altidude à Maré, à 104 mètres à Lifou et à 42 mètres à Ouvéa. Des falaises bordent les littoraux, de vastes réseaux de grottes et de gouffres courent à l'intérieur des terres au sol calcaire et particulièrement perméable, peu propice à la formation de cours d'eau. Chaque île dispose d'une petite nappe phréatique d'eau douce ou saumâtre.

L'archipel des Chesterfield, à 534 kilomètres à l'Ouest-Nord-Ouest de la pointe Nord de la Grande-Terre, sert essentiellement pour la récolte de données météorologiques. C'est également une réserve naturelle pour les oiseaux marins et les tortues. L'archipel comprend les récifs Bampton, au Nord avec les îlots Avon, Bampton et Renard et la caye sableuse de Skeleton ; l'atoll des îles Chesterfield à proprement parler, avec les îles Longue, du Passag et Loop ainsi que les îlots du Mouillage, les récifs de Bellone et Booby, situées à 164 kilomètres au Sud-Est des Chesterfield auxquelles elles sont généralement associées. L'île Walpole est située à 201 kilomètres à l'Est de la pointe Sud de la Grande Terre, dans le prolongement de la ride des îles Loyauté. Les îles Matthew et Hunter à l'Est de la pointe Sud de la Grande Terre. Leur possession est contestée à la France par le Vanuatu. Météo-France a installé une station météorologique automatique sur l'île Matthew en 1981.

Maquis minier de Terre-Rouge.
Maquis minier de Terre-Rouge.

Climat

Le climat, de type océanique tropical, est tempéré et très ensoleillé. La saison chaude, qui démarre en novembre et se termine en avril, offre des températures aux alentours de 25°C, et peuvent monter jusqu'à 31°C. Les précipitations sont fréquentes à cette période, et la région connaît des cyclones qui peuvent être quelquefois assez violents. Le mois le plus chaud est février, la saison sèche dure de mai à septembre, elle est un peu plus fraîche. Le mois le plus froid est celui d'août, les températures peuvent descendre jusqu'à 17°C.

Le cyclone Erica en 2003.
Le cyclone Erica en 2003.

Maisons rondes construites dans le respect du mythe kanak de Téa Kanaké, le premier homme.
Maisons rondes construites dans le respect du mythe kanak de Téa Kanaké, le premier homme.

Histoire

Le mot kanak vient de l’hawaïen kanaka, signifiant "homme". Les premiers occupants de la Nouvelle-Calédonie sont les Austronésiens, ancêtres des Kanaks., venus il y a environ 3000 ans du Sud-Est asiatique, du Vanuatu, des îles Salomon, des îles Fidji, des Samoa, et de Tonga. C'est à Koné, sur la côte Ouest de Grande Terre, que sont découverts les premiers vestiges de la civilisation Lapita, comme à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Selon certaines recherches, les Lapitas sont les ancêtres des Kanaks. Ils maîtrisent la poterie, la sculpture, et mettent en place une agriculture sophistiquée. Ainsi, igname, taro, canne à sucre poussent grâce à un système de culture en terrasse. Organisés autour de chefferies de taille variable, les Kanaks tissent des relations avec d'autres archipels, tels le Vanuatu, Samoa, et Wallis-et-Futuna.

Le 4 septembre 1774, James Cook accoste Grande Terre et baptise l'île Nouvelle-Calédonie en hommage à son Ecosse natale.

Le capitaine James Cook baptise l"'île Nouvelle-Calédonie.
Le capitaine James Cook baptise l"'île Nouvelle-Calédonie.

Dès 1844, les premiers militaires français débarquent sur la Grande Terre, les premiers massacres d'indigènes ont lieu en 1847. En novembre 1850, 12 marins français, débarqués du navire L'Alcmène sont tués, en représailles.

En 1853, sur ordre de Napoléon III, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend possession de l'île Balade, à l'extrémité Nord, au nom de la France, de la Grande Terre le 24 septembre 1853, et ensuite de l'île des Pins, le 29 septembre de la même année. En 1854, les Français s'implantent dans le Sud de la Grande Terre, ils fondent une ville de garnison de marine. La cohabitation avec les Kanaks est tendue, les affrontements sont fréquents. Les Français envoient des navires de guerre pour réprimer les Kanaks à chaque atteinte portée contre des Européens ou leurs propriétés. Lorsque le contre amiral Febvrier-Despointes repart de Nouvelle-Calédonie, il confie la gestion de la colonie à l'un de ses officiers, le capitaine de vaisseau Tardy de Montravel. Ce dernier fonde Port-de-France, rebaptisée Nouméa en 1886. C'est à ce moment que débute l'histoire politique de la Nouvelle-Calédonie.

Vallée des colons, Nouméa (1888)
Vallée des colons, Nouméa (1888)

En 1853, un décret du gouverneur Guillain impose l'enseignement du français dans les écoles de Nouvelle-Calédonie, mais ce ne sera qu'en 1863 que l'enseignement de toute autre langue sera interdite par le gouvernement colonial.

En 1855, l'Administration coloniale concède des terres aux nouveaux arrivants, de plus en plus nombreux à venir s'installer en terre calédonienne. Elle décide que toutes les terres non occupées font partie du domaine de l'État. C'est le début de la spoliation des Kanaks, confinés dans des réserves.

En 1856, sept chercheurs d'or français et suisses disparaissent, la population est accusée de ces enlèvements. Des vaisseaux sont déployés face à Houaïlou, sur le littoral Est. Trois villages sont dévastés, une trentaine d'hommes sont tués. Les enquêtes n'ont pas permis de déterminer si les Kanaks étaient responsables de ces disparitions.

Louise Michel, communarde condamnée à sept ans de bagne en Nouvelle-Calédonie.
Louise Michel, communarde condamnée à sept ans de bagne en Nouvelle-Calédonie.

En 1863, en raison de la très forte mortalité dans le bagne de Cayenne en Guyane, Napoléon III décide de faire de la Nouvelle-Calédonie le deuxième bagne en Outremer. Jusqu'au début du 20e siècle, les bagnards représentent l'essentiel du colonat calédonien. Mai 1864 voit l'arrivée des premiers forçats à Nouméa. Ils effectuent les grands travaux de l'île, construisent les routes, bâtissent les bâtiments pour les prisons, et sont chargés de l'assèchement des marécages. Entre 1864, date de l'arrivée du premier convoi de condamnés, et 1897, celle du dernier, ce sont un peu plus de 20 000 prisonniers qui sont conduits en Nouvelle-Calédonie, parmi eux, 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris, dont Louise Michel. Amnistiés en 1879, une grande partie d'entre-eux regagnent l'hexagone, les autres préfèrent rester et intégrèrent progressivement la société coloniale.


En 1874,  l'exploitation du nickel débute près de Nouméa. En 1887, le gouvernement Français impose le Code de l'indigénat à toutes ses colonies.

Le chef Ataï
Le chef Ataï

En Nouvelle-Calédonie, ce code assujettit les autochtones aux travaux forcés, à l'interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux taxes sur les réserves et à la privation de leurs droits politiques. Le Code de l'indigénat distingue deux catégories de citoyens: les citoyens français, de souche hexagonale, et les sujets français, c'est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens. En 1878, le chef Ataï mène la première révolte contre les spoliations de terres et le vol de bétail par les colons. Arrêté, il est décapité par les autorités françaises, sa tête est envoyée dans Hexagone. Les spoliations continuent.

En 1917, une nouvelle révolte éclate, dirigée par le chef Noël, mais elle n'aboutit qu'à de nouvelles dépossessions et à l'exil sur l'île des Pins de nombreux habitants de la Grande Terre. Les autorités passent le plus clair de leur temps à gérer les conflits entre Européens et Kanak.  En 1931, des dizaines de Kanak sont exhibés dans un "zoo humain" lors de l'exposition coloniale organisée à Paris.

Pendant la Seconde guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie sert de base militaire aux États-Unis. Les Américains construisent des routes et des aérodromes, créent des nouveaux quartiers, des centres hospitaliers, des ponts métalliques, mais aussi des réseaux d'adduction d'eau. Les Kanaks découvrent l'électricité, ainsi que les engins mécaniques pour l'agriculture.

Camp de la mine Pauline, à Thio (1888)
Camp de la mine Pauline, à Thio (1888)

En plus d'emplois mieux rémunérés offerts aux Kanaks, c'est la culture américaine que découvrent les Néo-Calédoniens.

Le 7 avril 1946, le Code de l'indigénat est aboli. Les Kanaks sont libres de circuler, de jour comme de nuit. Ils peuvent choisir leur lieu de résidence, et travailler librement, et accèdent au droit de vote. Pourtant, cette année-là, seuls 267 d'entre-eux obtiennent ce droit. Parmi eux, des chefs coutumiers, des anciens combattants, des religieux. Naissent alors les premiers mouvements politiques. Le Parti Communiste Calédonien (PCC) est créé en 1946, avec Jeanne Tunica y Casas, Florindo Paladini ou le grand-chef Henri Naisseline.

Le sénateur communiste de La Réunion, Fernand Colardeau, natif de Nouméa, dépose en juin 1947 une proposition de loi pour un nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie. Celle-ci prévoit la nationalisation des banques et des grands commerces, la citoyenneté généralisée, un double collège pour une assemblée représentative indigène distincte, le soutien aux écoles libres, la création d'une police indigène ou encore l'inviolabilité des réserves. Les premiers Kanak sont élus au Conseil départemental en 1953. Le 22 juillet 1957, le suffrage universel est instauré.


Le parti de l'Union calédonienne (UC) voit le jour avec un programme autonomiste.. Son slogan : "Deux couleurs, un seul peuple". Il domine la vie politique locale jusqu'en 1972. La Nouvelle-Calédonie est alors un territoire d'Outremer que les lois cadres, dites Defferre, de 1957 amènent vers plus d'autonomie. En 1963, le Conseil de gouvernement est placé sous l'autorité du gouverneur et en 1968, la loi Billotte retire à l'Assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie l'essentiel de ses pouvoirs, entre autres sur le nickel.

De 1968 à 1984, les inégalités perdurent et la revendication indépendantiste monte en puissance. Plusieurs groupements de Kanaks commencent à réclamer l'indépendance, notamment les Foulards Rouges et le Groupe 1878, qui se rallient en un même parti, le Palika, Parti de Libération Kanak. Des intellectuels et hommes politiques kanaks, dont Jean-Marie Tjibaou, développe le thème de l'"identité kanake". Ce dernier fonde la revendication de l'indépendance sur une base culturelle, ainsi que la renaissance de la fierté d'être mélanésien.

C'est sous l'impulsion de Jean-Marie Tjibaou et d'autres membres de la jeune garde de l'Union calédonienne, notamment Pierre Declercq, Éloi Machoro, François Burck, que ce parti opte officiellement pour l'indépendance à son tour, au congrès de Bourail en 1977. Il forme avec le Palika et d'autres mouvements souverainistes le Front indépendantiste (FI) en 1979.

Par ailleurs, les opposants à l'indépendance se fédèrent au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), le mouvement est fondé par Jacques Lafleur en 1977, sous le nom initial de Rassemblement pour la Calédonie, le nom de RPCR n'étant pris qu'en 1978 à la suite de l'absorption de la fédération locale du RPR de Jacques Chirac.

Avec l'élection de François Mitterrand en 1981, le Front Indépendantiste, qui accède à la présidence du Conseil de gouvernement local en 1982 grâce à un renversement d'alliance du petit parti autonomiste et centriste FNSC, se rapproche du Parti socialiste hexagonal. Les attentes indépendantistes se font plus pressantes. Lors des négociations de Nainville-les-Roches en 1983, le FI demande l'organisation d'un référendum d'autodétermination auquel ne participeraient que les Kanaks.

En 1984, mécontent du nouveau statut préparé par le secrétaire d'État à l'Outre-mer socialiste Georges Lemoine et de l'évolution de certains dossiers sensibles, notamment sur le plan foncier, le Front de libération national kanak socialiste (FLNKS), qui remplace le Front indépendantiste, boycotte les élections territoriales. Il dresse des barrages sur les routes, met en place un "Gouvernement provisoire de Kanaky ", présidé par Jean-Marie Tjibaou, qui se prépare à l'"Indépendance kanake socialiste", et chasse des éleveurs Caldoches de leurs exploitations.


Débutent alors quatre années de conflits politiques et ethniques appelées les "Évènements", de 1984 à 1988. Les affrontements entre opposants et partisans de l'indépendance dégénèrent en guerre civile. Le gouvernement central instaure l'état d'urgence et le couvre-feu de janvier à juin 1985.

Des radicaux des deux camps créent des milices qui s'affrontent violemment. Les gouvernements successifs échouent à ramener le calme. Des familles de "broussards" sont attaquées. De violentes émeutes éclatent à Nouméa. Le 5 décembre 1984, dix Kanaks dont deux frères Tjibaou sont assassinés lors d'une embuscade. A la suite de la mort d'Yves Tual, jeune calédonien d'origine européenne de 17 ans, le 12 janvier 1985, Marcel Nonnaro et Eloi Machoro, secrétaire général et chef de l'aile radicale de l'Union calédonienne sont abattus par le GIGN a La Foa. La situation s'envenime.

Le 13 septembre 1987, le scrutin du référendum sur l'indépendance, boycotté par les Kanak, voit la victoire écrasante du maintien au sein de la République française à 59,10 % des inscrits.

La violence prend une nouvelle ampleur en 1988 avec la prise d'otages d'Ouvéa. Des indépendantistes radicaux prennent d'assaut la gendarmerie d'Ouvéa assassinant quatre gendarmes. Ils prennent ensuite en otages 27 autres gendarmes de l'île. Le 5 mai 1988, à quelques heures du second tour de l'élection présidentielle entre François Mitterrand et Jacques Chirac, l'assaut par les commandos spéciaux de la gendarmerie de la grotte de Gossanah où les gendarmes étaient retenus en otage, baptisé "opération Victor", se solde par la mort de 19 indépendantistes et de deux militaires. Cet événement fait l'objet du film de Mathieu Kassovitch, "L'ordre et la morale", sorti sur les écrans en 2011.

Signature des Accords de Matignon
Signature des Accords de Matignon

Cet événement pousse les deux camps et leurs leaders à négocier sous la médiation du Premier ministre Michel Rocard : les Accords de Matignon sont signés le 26 juin 1988. Cet accord prévoyait la mise en place d'un statut transitoire de 10 ans, qui se solderait sur un référendum d'autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance.

Le 4 mai 1989, sur l'île d'Ouvéa, le président du FLNKS, Jean-Marie Tjibaou, et son secrétaire-général, Yeiwéné Yeiwéné, sont assassinés par Djubelly Wéa, un ancien pasteur et ancien militant du FULK, il leur reprochait d'avoir signé en juin 1988 les accords de Matignon avec l'État et leurs adversaires anti-indépendantistes du RPCR.

À l'approche de ce référendum, alors qu'il ne fait aucun doute, au vu des résultats des Provinciales successives, que le "non " à l'indépendance l'emporte, et pour préserver une paix locale encore fragile, Jacques Lafleur ainsi que le RPCR et les indépendantistes décident de négocier de nouveaux accords avec l'État. L'Accord de Nouméa du 5 mai 1998 prévoit la mise en place d'une autonomie forte, avec des transferts progressifs de compétences.

Le référendum de 2018 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, est organisé le 4 novembre, dans le cadre de l'accord de Nouméa. A la question : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »,

Les Néo-Calédoniens répondent « Non », à 56,4 %.

Administration

Au-delà des emblèmes nationaux français, la Nouvelle-Calédonie a ses propres signes identitaires, son hymne, sa devise et sa monnaie. En revanche, indépendantistes et non-indépendantistes ne s'accordent pas sur des symboles communs à l'ensemble de la population du territoire. Par le référendum de novembre 2018 sur l'accession à l'indépendance, les Calédoniens ont majoritairement choisi de rester français.

Chaque province dispose du statut de collectivité territoriale de la République française doté d'un large champ de compétences. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, composé d'une partie des élus des assemblées provinciales qui forme un Parlement doté, depuis 1999, d'un pouvoir législatif et d'un pouvoir de contrôle sur l'exécutif néo-calédonien représenté par un gouvernement collégial.

Siège du Gouvernement néo-calédonien (Nouméa).
Siège du Gouvernement néo-calédonien (Nouméa).

Le territoire bénéficie aujourd'hui d'un statut spécifique de large autonomie prévu à l'accord de Nouméa, distinct de celui des collectivités d'Outremer (COM), et de celui des pays et territoires d'Outremer (PTOM) de l'Union européenne. La Nouvelle-Calédonie s'organise en trois provinces.


Population

Au recensement de 2018, les Calédoniens étaient estimés à 282 200 habitants. En 50 ans, la population a été multipliée par quatre, l'essentiel de la population se concentre dans la partie sud de la côte ouest de l'île, plus particulièrement dans le Grand Nouméa. La ville regroupe à elle seule les deux tiers de la population du territoire. La population calédonienne est issue notamment du métissage africain, européen, asiatique.


Économie

La Nouvelle-Calédonie possède un quart des réserves mondiales de nickel, mais elle exploite également des mines de magnésium, de fer, de cobalt, de chrome ou de manganèse. Avec le tourisme, ce sont les activités les plus importantes sur le territoire.

Autre secteur en croissance, celui de l'investissement, la tendance est au maintien d'un niveau élevé, avec la construction de fermes photovoltaïques, d'un centre commercial à Dumbéa, de l'extension du port maritime, notamment. Pour l'année 2017, le PIB et estimé à 29 246 euros. Les Néo-calédoniens ont un niveau de vie relativement élevé. Cependant, le coût de la vie est bien supérieur à celui de l'Hexagone.

Le nickel néo-calédonien est exploité depuis 1874.
Le nickel néo-calédonien est exploité depuis 1874.

Selon certaines estimations, les prix sont de 30% à 70% plus élevés qu'en Ile-de-France. Cette différence de prix a des conséquences désastreuses sur le pouvoir d'achat des ménages modestes.


Tourisme

Le tourisme en Nouvelle-Calédonie est en plein essor, le chiffre de la fréquentation augmente d'année en année, l'année dernière, plus de 120 000 touristes ont visité la Nouvelle-Calédonie. La région ne manque pas d'attractivité, c'est un paradis pour les touristes, avec des paysages qui changent en fonction des îles que l'on visite. La Nouvelle-Calédonie, c'est un voyage à travers plusieurs époques, plusieurs tableaux s'offrent au visiteur.

Plages ensoleillées, plaines herbeuses, paysages lunaires, montagnes luxuriantes, le voyage au pays des Kanaks est un ravissement à couper le souffle. Nouméa, la capitale, fait la part belle à la culture. La ville possède un patrimoine des plus riches, des maisons coloniales, des musées et des galeries d'art, des théâtres et cinémas, et que dire du Centre culturel Tjibaou et de son architecture magistrale, où le visiteur peut découvrir la civilisation Kanak et son histoire.

Grâce à son climat idéal, les activités de baignade sont possibles toute l'année, ainsi que les sports de glisse. Les amateurs de kite-surf ne boudent pas leur plaisir.
Un peu plus loin, vers la côte occidentale, se trouvent les terres arides.

Cours d'eau au milieu d'un paysage de savane.
Cours d'eau au milieu d'un paysage de savane.

C'est là que l'on découvre l'ancien village minier de Tiébaghi, et la mine Pilou. Plus au sud, le dépaysement reste total, on se croirait au Far Ouest lorsqu'on traverse les grands territoires. C'est la région de stockmen, les cow-boys de la région.

Sur la côte Ouest, se trouve la jolie commune de Païta. Païta, c'est la brousse, la grenier de Nouméa. La culture maraîchère et l'horticulture demeurent profondément ancrées. C'est là qu'est cultivée la fameuse fraise de Païta. Et il en va de même pour l'élevage bovin, c'est à Païta qu'est célébrée chaque année, au mois d'octobre, la traditionnelle et populaire Fête du Bœuf. La commune abrite également les Monts Humboldt et Mou. Ces deux monts sont reconnus et renommés, les randonneurs sont nombreux à les escalader, pratiquement toute l'année.

Le banian, arbre lié au mythe de Téa Kanaké.
Le banian, arbre lié au mythe de Téa Kanaké.

Infos pratiques

En Nouvelle-Calédonie, il existe deux réseaux de bus principaux : le réseau urbain du Grand Nouméa, Karuïa Bus et le réseau d'autocars interurbains, le RAI. L'aéroport international se trouve à Nouméa, l'aéroport national est situé à Magenta, et un autre aéroport se situe à l'île des Pins, c'est un aéroport provincial.

Décalage horaire

La Nouvelle Calédonie vit avec 9 heures d'avance sur Paris. Lorsqu'il est midi à Paris, il est déjà 21h à Nouméa.

Il n'y a pas de changement d'horaire.

Téléphone

L'indicatif téléphonique est le +687

Monnaie - Banques

Les devises utilisée en Nouvelle Calédonie sont le Franc Pacifique et l'Euro, 1 Franc Pacifique équivaut à 0,0084 Euro.

Électricité

220 volts, 50 hertz. Les prises sont identiques à celles que de la France hexagonale.

Animaux domestiques

Les animaux doivent être nés ou avoir séjourné en France, incluant Mayotte et les DOM à l'exception de la Guyane française, durant les 6 mois précédant le départ et n'avoir visité aucun autre pays pendant cette période.

Les animaux doivent être identifiés par tatouage ou puce électronique et vaccinés contre la rage, la maladie de carré, l'hépatite, la parvovirose et la toux de chenil (parainfluenza et Bordetella bronchiseptica). La vaccination doit être valide au moins un mois après la date d'arrivée des animaux en Nouvelle-Calédonie

Enseignement

La Nouvelle-Calédonie compte 184 écoles maternelles, élémentaires et primaires, 34 collèges, et 29 lycées d'enseignement général et professionnel, et une université.