Bienvenue en Polynésie française

Découvrez la Polynésie française

La Polynésie française est un territoire non autonome relevant de l'article 73 de la Charte des Nations unies. Le nom de Polynésie française est définitivement donné à l'archipel en 1957, juste avant la chute de la 4e République. La Polynésie française se trouve à 15 707 kilomètres de Paris. Située à 3900 kilomètres, Auckland en Nouvelle-Zélande est la plus grande ville la plus proche.

Située dans le Sud de l'océan Pacifique, à environ 6 000 kilomètres à l'Est de l'Australie, la Polynésie française compte cinq archipels qui regroupent 118 îles dont 76 sont habitées.

Ce sont l'archipel de la Société avec les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent, l'archipel des Tuamotu, l'archipel des Gambier, l'archipel des Australes et les îles Marquises. Le terme "polynésie" vient du grec "îles nombreuses".


Les îles et les villes

La Polynésie française, dont le chef-lieu est Papeete, se divise en 48 communes. Et l'on peut découvrir toutes les villes en cliquant sur leur lien...

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Géographie

Les 118 îles de la Polynésie française se regroupent en cinq archipels. On y trouve :

Les Îles de la Société sont les plus grandes îles. On distingue les îles du Vent, et les îles Sous-le-Vent. A l'ombre de sommets volcaniques érodés, ces îles s'entourent des plus beaux lagons de l'archipel.

Tahiti, vue du ciel.
Tahiti, vue du ciel.

Les Îles Australes se situent au Sud de l'archipel. Traversées par le tropique du Capricorne, ces îles sont montagneuses et difficiles d'accès.

Les Tuamotu sont situées au Nord. L'archipel des Tuamotu s'étend sur 1 500 kilomètres jusqu'aux îles Gambier. C'est l'archipel le plus excentré du territoire et compte l'un des plus grands groupes d'atolls au monde. Bas et plats, ces atolls enserrent presque tous de vastes lagons, à l'instar de celui de Rangiroa, qui pourrait contenir l'île de Tahiti.

Les Îles Marquises se trouvent à 1 500 kilomètres au Nord de Papeete et forment un monde à part. Très isolées, ces îles se distinguent par des paysages sauvages, où des falaises altières se jettent dans des flots tumultueux. Le lieu est éloigné des autres îles.

Nuva Hiva, aux Îles Marquises.
Nuva Hiva, aux Îles Marquises.

Les îles polynésiennes sont toutes nées de l'activité volcanique à la fin de l'ère tertiaire. À cette période, l'activité volcanique est intense au fond de l'océan. À 4 000 mètres de profondeur, de la lave s'écoule alors de points chauds, brèches fixes dans l'écorce terrestre.

La lave en mer.
La lave en mer.

Éruption après éruption, le magma s'entasse, formant des coussins de lave, des sortes de boulets de canon formés au contact de l'eau froide, pour finalement percer la surface. Le résultat est la naissance d'une île.

Entraînée par la plaque continentale, cette île se retrouve bientôt coupée de son point chaud nourricier et s'arrête de grandir. Au gré des poussées souterraines plus ou moins fortes, des dizaines d'îles se sont formées sur un même alignement, certaines parvenant jusqu'à la surface, d'autres demeurant des volcans sous-marins.

Le même processus s'est répété pour toutes les îles de la Polynésie. Certaines, plus grosses, plus récentes, ont moins souffert : c'est le cas de Tahiti. D'autres, plus petites, ont déjà commencé à sombrer, c'est le cas de Huahine, et surtout de Bora-Bora. Toutes les îles volcaniques sont ainsi vouées à disparaître.

Paysage de lagon à Tahiti.
Paysage de lagon à Tahiti.

En effet, progressivement, les coraux s'amoncellent autour d'elles, ils constituent un anneau de vie. Des sédiments se déposent, et des motu, des îlots, apparaissent. Et une riche végétation s'y implante à son tour. Les "îles basses" des Tuamotu, des atolls émergeant à peine au-dessus de l'océan, ne sont ni plus ni moins que les survivances d'anciennes "îles hautes" désagrégées par le temps et englouties par l'océan. Là où se tenait le volcan se trouve maintenant le lagon.

Lagon central de l'atoll Mataiva, archipel des Tuamotu.
Lagon central de l'atoll Mataiva, archipel des Tuamotu.

Climat

La Polynésie possède un climat particulièrement humide qui est régulé par des vents très présents et permettant de rafraîchir l'air, notamment le matin.

Certaines régions possèdent un climat plus humide, comme dans les Tuamotu, ou plus marqué, notamment dans les îles Marquises. Répartie sur un très grand territoire, la Polynésie profite d'un climat tropical avec deux saisons : l'été austral et l'hiver austral.  Tout au long de l'année, la température de l'eau avoisine 26°C.

Les températures les plus douces sur les atolls et les nombreuses îles sont de 21°C, avec des maximales à 30°C.

La flore est riche de plantes et fleurs apportées par les visiteurs. Des espèces végétales dominent telles que l'hibiscus, et le pua (Fragrea berteriana) ou tiaré, devenu emblème national de la Polynésie française. La macération de fleurs de Tiaré Tahiti dans l'huile de coprah raffinée donne le monoï, très utilisé pour le soin des cheveux et de la peau par les Polynésiens.

Champ de tiaré (pua), fleur emblème de la Polynésie.
Champ de tiaré (pua), fleur emblème de la Polynésie.

Histoire

Les premiers habitants

Il semblerait que le peuplement des îles de la Polynésie française ait commencé environ 200 ans avant J.-C. Mais il est probable que les tous premiers visiteurs y soient arrivés avant. Des traces d'occupation humaine datant d'environ 100 ans plus tôt ont été retrouvées, lorsque les Asiatiques, les Austronésiens, ont commencé à naviguer dans les eaux du Pacifique.

Hutte tahitienne typique.
Hutte tahitienne typique.

Au 6e siècle, en 1595, le marquis espagnol Alvaro Mendana de Neira jette l'ancre dans les eaux de la Polynésie. Il les baptise « Las Islas de Marquesa de Mendoza », les îles de la Marquise de Mendoza, en l'honneur de la femme du marquis de Mendoza, gouverneur du Pérou.

Dix ans plus tard, c'est un des lieutenants de Mendana, Pedro Fernandes de Queirós, qui découvre Tahiti, il l'appelle Sagitaria. Puis, pendant un siècle on ne voit plus d'européens dans l'archipel.

C'est au 18e siècle que tout se bouscule. Le 2 juin 1722, le Néerlandais Jakob Roggeveen découvre Makatea et le 6 juin 1722, il pose le pied sur l'île de Bora Bora.

Carte de Tahiti datant de 1769.
Carte de Tahiti datant de 1769.

En 1756, le Français Charles de Brosses nomme Polynésie les îles des Terres australes en 1756. Le 5 juin 1765, le Britannique John Byron est à Napuka et Tepoto.

Le Britannique Samuel Wallis accoste Tahiti en 1767. Amo, le plus puissant des ari'i des îles du Vent, chef du grand clan des Teva, attaque le Dolphin de Samuel Wallis. Mais sa puissante flotte de pirogues de guerre ne fait pas le poids face aux armes du Dolphin. Affaibli par la destruction de ses pirogues, les vassaux d'Amo en profitent pour se révolter en 1768 et le vaincre à la bataille de Papara. La chute d'Amo permet au chef Hapai et à son fils Tu d'entamer leur ascension.

En 1768, le Français Louis Antoine de Bougainville débarque à Tahiti, il nomme l'archipel "La nouvelle Cythère".

En 1769, le Britannique James Cook explore l'archipel de la Société puis découvre Rurutu. Il revient en 1773, 1774 et 1777. Parallèlement l'Espagnol Domingo de Boenechea arrive à Tahiti en 1772, puis en 1774 pour installer une mission permanente. Cette mission échoue, tous repartent en 1775.

Rituel de sacrifice humain sur un marae de Tahiti (1784).
Rituel de sacrifice humain sur un marae de Tahiti (1784).

En 1773, un jeune ra'atiraa originaire de Raiatea nommé Mai, plus connu sous le nom d'Omai, persuade Tobias Furneaux, capitaine du HMS Adventure, membre de l'expédition de James Cook, de l'embarquer. Omai devient ainsi le premier Polynésien à faire le tour du monde. En Angleterre, en 1774, Omai est présenté au roi George III. Et le jeune Polynésien de 20 ans est introduit à la cour.

En 1776, James Cook repart pour le Pacifique. Il embarque Omai. Celui-ci lui sert d'interprète dans ses échanges avec les peuples polynésiens. A Tahiti, l'accueil de ses compatriotes est moins bon du fait de sa classe sociale. Omai n'est pas un ari'i. Les Anglais l'aident à se réinstaller à Huahine dans une maison meublée à l'européenne. En 1788, Omai est retrouvé mort dans sa maison vidée et totalement à l'abandon.

Omai avec Sir Joseph Banks et le Dr. Daniel Solander (William Parry, circa 1775-76)
Omai avec Sir Joseph Banks et le Dr. Daniel Solander (William Parry, circa 1775-76)

La mutinerie du Bounty

Le 26 octobre 1788, le HSM Bounty, un trois-mât de la Royal Navy commandé par le capitaine William Bligh, débarque à Tahiti.

Le HSM Bounty au large de Tahiti.
Le HSM Bounty au large de Tahiti.

L'équipage a pour mission de rapporter des arbres à pain aux Caraïbes. Le botaniste, sir Joseph Banks, estime que les fruits à pain seraient l'idéal pour nourrir à moindre coût les esclaves africains qui travaillent dans les plantations des Caraïbes.

Arrivés à la mauvaise saison, William Bligh doit attendre que le temps soit plus clément pour appareiller. L'équipage reste donc à Tahiti près de six mois. Pendant ce temps, tous travaillent à la collecte des pousses d'arbres à pain à transplanter et des fruits que le botaniste s’ingénie à conserver au mieux sous la direction de Joseph Banks.

Les marins ont quartier libre pour se divertir et tombent sous le charme des tahitiennes. Mais ils redoutent de plus en plus le moment de repartir et de subir la cruauté du capitaine Bligh.

Il faut aussi souligner que les règles de la marine britannique sont drastiques et que le capitaine Bligh n'est pas des plus souples et compréhensifs. En effet, ses châtiments et ses brimades sont de plus en plus dures à supporter.

Une mutinerie éclate trois semaines après le départ de Tahiti, le 28 avril 1789. Les mutins, menés par le second Fletcher Christian, s'emparent du navire et débarquent le capitaine et les quelques membres d'équipage qui lui sont restés fidèles, sur une chaloupe.

Les mutins débarquent William Bligh sur une chaloupe.
Les mutins débarquent William Bligh sur une chaloupe.

Une partie des mutins revient alors s'installer à Tahiti, ils retrouvent leurs amoureuses et certains s'installent sur l'île de Pitcairn, pour fuir la justice anglaise, mais les mutins et les Tahitiens menés par Fletcher Christian commencent à tomber malades et à s'entretuer. Les autres offrent leurs services de mercenaires et fournissent des armes à la famille qui règne sur l'archipel, les Pomare. Le chef Tū sait en tirer parti. Grâce à cette alliance avec les mutins, il accroît sa suprématie sur l'île de Tahiti.

En 1791, le capitaine Bligh revient à Tahiti pour retrouver les mutins. Pomare II, le nouveau roi lui livre les rebelles sans difficultés. Jugés à Londres. la sentence pénale prononcée contre les mutins est devenue l'emblème de la plus infâme sentence de tous les temps. Le départ du capitaine Bligh marque la fin de l'aventure des mutins du Bounty à Tahiti do,t certains font souche sur l'île de Pitcairn. L'affaire du Bounty marque durablement l'histoire tahitienne.

Embarquement des plants de fruits à pain sur le HMS Bounty.
Embarquement des plants de fruits à pain sur le HMS Bounty.

Les Européens s'installent

Le 5 mars 1797, une mission anglaise de la London Missionary Society débarque dans la baie de Matavai, ils sont 30. Parmi eux, six femmes, trois enfants, quatre pasteurs et quatorze artisans et agriculteurs. Leur mission : évangéliser et convertir les habitants de l'archipel au protestantisme. Aidés du roi Pomare et de son épouse, ils commencent à évangéliser la population.

Le roi Pomare II impose la religion protestante sur l'ensemble de son territoire.  Ceux qui s'y refusent sont exterminés, et les missionnaires catholiques sont bannis. Débute alors une campagne d'évangélisation et d'alphabétisation, Henry Nott, l'un de ces missionnaires, est le premier à traduire la Bible en tahitien. Marié à une Tahitienne, il réussit à maîtriser la langue plus rapidement que ses concitoyens.

Ecole protestante de Raitea
Ecole protestante de Raitea

La dynastie Pomare

Quand lors de leur visite, James Cook en 1773, puis William Bligh en 1788, rencontrent , ces derniers croient offrir leurs cadeaux, notamment des armes, au roi de Tahiti. Mais Tü n'est que le chef de Pare Arue, aussi appelé Porionu'u, une chefferie bordant la baie de Matavai sur la côte Nord-Est de Tahiti. Dès lors, celui-ci ambitionne de conquérir ce pouvoir. Aussi, vers 1790, il s'arroge le titre de roi et prend le nom de Pomare Ier. Ce nom serait un hommage à sa fille aînée, morte de tuberculose, une "maladie qui la faisait beaucoup tousser (mare), surtout la nuit (pō)".

Aidé par les mutins du Bounty qui lui apportent armes, technique ainsi que leur renfort en tant que mercenaires, Pomare 1er étend son emprise sur une large partie de l'archipel. Il parvient à réunir les chefferies de Tahiti en un royaume unique dont il est le premier roi. Ce royaume comprend les îles de Tahiti, de Moorea, de Mehetia, et l'archipel Tetiaroa. Un an plus tard, en 1791, le premier roi de Tahiti est forcé d'abdiquer au profit de Pomare II, le fils qu'il a eu avec son épouse Tetua-nui-reia-i-te-raʻi-atea. Il conserve toutefois la régence jusqu'à sa mort en 1803.

Son successeur, Pomare II, exige que son père lui remette les pleins pouvoirs. Il est âgé de 15 ans quand il est reconnu comme seul chef de Porionu'u. En 1797, les Pomare offrent le terrain de la pointe Vénus aux missionnaires protestants anglais. En 1798, pour conforter son statut de de roi, Pomare II conclut une alliance militaire avec le chef Temari'i et écrase les partisans de son père à Matavai. Dès lors, il cherche à étendre sa souveraineté à l'île entière.

Navires européens dans la baie de Huahine (1789).
Navires européens dans la baie de Huahine (1789).

En 1809, il épouse à Moorea la princesse Teriitaria, fille aînée du roi Tamatoa III, qui lui donne une fille, la future Pōmare IV. Mais le roi s'éprend aussi de sa sœur cadette, la princesse Teremoemoe, qu'il épouse en secondes noces. Sa deuxième épouse donne naissance à son seul fils, le futur Pōmare III. Cependant, Pomare II pour asseoir son pouvoir encore instable, requiert l'aide des Anglais. Pour ce faire, il leur écrit une lettre :

"Amis, vos intentions sont bonnes et je suis entièrement d'accord pour que vous veniez instruire le peuple de Tahiti. Amis, il faut donc nous envoyer des hommes, des femmes et des enfants européens. Envoyez-nous aussi du tissu et des objets de toutes sortes, afin que nous puissions adopter vos coutumes anglaises. Amis, envoyez-nous aussi beaucoup de mousquets et de poudre, car les guerres sont fréquentes dans notre pays. Rappelez-vous que si je suis tué, vous ne pourrez plus rien faire à Tahiti".

La London Missionary Society refuse de lui envoyer des armes, mais Pomare II parvient à s'en procurer auprès des commerçants australiens dont les navires font régulièrement escale à Tahiti depuis 1802 pour acheter du porc salé. Ces armes lui permettent de harceler sans pitié les tribus voisines de Te Aharoa et de Atehuru. Chacune de ses incursions sanglantes s'accompagne de pillages et de destructions de plantations. En 1807, Pomare II lance ses troupes contre Teva i Uta. Là aussi, elles usent d'une grande barbarie.

Les chefs Tati et Opuhara se réfugient dans les montagnes. De là, ils parviennent à unifier toutes les tribus contre Pomare II. Un an plus tard, en 1808, les tribus coalisées attaquent Porionu'u, et prennent le royaume de Pomare II. Ce dernier en réchappe et s'enfuit à Moorea. Considérés comme alliés de Pomare II, les missionnaires protestants sont assiégés dans leur établissement de la pointe Vénus. Ils sont sauvés par l'arrivée d'un navire de commerce anglais qui les évacue à Huahine.

A Moorea, Pomare II reconstitue ses forces et s'allie aux chefs des îles Sous le Vent. En 1815, aidé par les mutins anglais, il sort victorieux de la bataille de Fei Pi et remonte sur le trône de Tahiti.

En 1819, après son baptême, les missionnaires anglais le reconnaissent officiellement roi de Tahiti. Pōmare II meurt d'alcoolisme le 7 décembre 1821 à Moorea.

Son fils Pomare III lui succède sur le trône. Mais il n'est âgé que d'un an. Sa mère exerce donc la régence.

Quand le jeune roi meurt de dysenterie à l'âge de 14 ans, sa sœur, la princesse Aimata, lui succède. Elle a 13 ans quand elle monte sur le trône sous le nom de Pomare IV. Elle règne de 1827 à 1877, d'abord sous l'influence des missionnaires anglais, puis, sous le protectorat français. Elle unit Bora Bora et une partie de Raʻiatea au royaume de Tahiti. A force d'alliances avec les îles de l'archipel de la Société, Pomare IV unifie la Polynésie et constitue le territoire de l'actuelle Polynésie française.

Chargé d'explorer les mers du Sud par le ministre français de la Marine, le capitaine Jules Dumont d'Urville, botaniste et entomologiste, quitte Toulon à bord de l'Astrolabe en direction du Pacifique. Il explore la zone pendant plusieurs années, séjournant à plusieurs reprises à Tahiti. En 1831, il propose à la Société de géographie, de classer l'Océanie en trois groupes d'archipels : la Polynésie, la Mélanésie, la Micronésie, classification encore utilisée aujourd’hui.

Dans les années 1830,  le révérend George Pritchard est le principal conseiller de Pomare IV. Son rôle est essentiel pour la suite des évènements. En 1838, elle refuse, influencée grandement par Pritchard, l'accès de l'île à des missionnaires catholiques, les pères Caret et Laval, membres de l'ordre de Picpus, implanté aux îles Gambier. Cette décision va être l'occasion pour la France d'intervenir dans les affaires tahitiennes. Les missionnaires catholiques demandent l'aide de l'amiral Albert Dupetit-Thouars en août 1842. L'amiral établit alors le protectorat français sur Tahiti.

Un premier traité est signé en 1842, qui annexe les îles Marquise à la France. Pomare IV est très réticente. Toujours sur les conseils de Pritchard, elle choisit de résister aux Français. Les tensions explosent, c'est la guerre entre les Tahitiens et les Français, en 1844. La Reine se réfugie sur un navire anglais, le Basilisk, pour rejoindre Raiatea, elle y restera pendant toute la durée de la guerre franco-tahitienne, de 1844 à 1846.

Après la victoire des Français, Pomare IV revient à Papeete le 9 février 1847. Elle reprend place sur le trône, et accepte le protectorat. Ce statut lui accorde le pouvoir exécutif mais elle doit partager la plupart des fonctions importantes avec le représentant de la France, alors désigné comme Commissaire (royal, puis impérial) : convocation de l'assemblée législative, nomination des chefs et des juges de district, promulgation des lois. Toutes les forces armées et les corps de police sont placés sous les ordres du commissaire.

Au décès de Pomare IV en 1877, c'est Teri'i Tari'a Tera'atane, second fils de son second mariage, qui lui succède sur le trône de Tahiti, sous le nom de Pomare V. Couronné à l'âge de 38 ans, à Papeete devant l'assemblée législative tahitienne convoquée pour l'occasion par l'amiral Serre, Pomare V s'intéresse peu aux affaires du royaume. En 1880, après trois ans de règne, il abdique en faveur de la France sous la pression du gouverneur Henri Chessé soutenu par des chefs tahitiens. Le 29 juin 1880, avec l'approbation de tous les chefs de Tahiti, il cède les territoires du Protectorat à la France contre d'une part une rente viagère pour lui et trois membres de sa famille, et d'autre part le maintien de ses symboles de royauté. Les territoires tahitiens deviennent alors les "Établissements français d'Océanie" jusqu'en 1957, et font partie des possessions françaises avec les autres colonies.

Tahitienne dansant pour la cour du roi Pomare V (1882).
Tahitienne dansant pour la cour du roi Pomare V (1882).

Onze ans après son abdication, en 1891, Pomare V meurt d'alcoolisme au palais royal, à Papeete, où il est inhumé dans la tombe royale Utu'ai'ai, à Arue. Ses titres royaux, négociés en 1880, sont transmis à ses descendants.

Danse o'Tahiti des "sauvages de la mer du Pacifique" (1804).
Danse o'Tahiti des "sauvages de la mer du Pacifique" (1804).

Les lointains Établissements d'Océanie

La France commence à administrer ses "Établissements français d'Océanie", mais elle y parvient difficilement. Ses orientations politiques sont mal définies. La France s'appuie sur l'assemblée législative, constituée majoritairement des chefs des tribus locales, pour faire adopter une législation française.

Le but est d'inculquer aux locaux les valeurs de la civilisation française. Ainsi, l'assemblée contrebalance le pouvoir de la reine Pomare IV. De nombreuses lois sont votées.

Mais peu à peu, la France s'arroge l'initiative législative. L'assemblée perd de sa pertinence. A partir de 1866, elle cesse de se réunir.

Notice sur les Etablissements français d'Océanie pour l'Exposition universelle de 1900.
Notice sur les Etablissements français d'Océanie pour l'Exposition universelle de 1900.

Haut-Commissariat de la République française à Papeete.
Haut-Commissariat de la République française à Papeete.

Vers le statut d'autonomie royale

Les relations du gouverneur La Roncière, nommé en 1865, sont tendues avec Paris. Il estime que la France manque d'ambition dans l'administration du protectorat. Cette dissidence lui coûte d'être rappelé à Paris. En effet, il est convaincu que la reine Pomare IV doit gérer entièrement les affaires intérieures, et que la tutelle de la France doit être réduite. Avant de quitter ses fonctions, il cosigne avec la reine une ordonnance portant sur la création d'un Conseil Général et un élargissement des pouvoirs de la reine. Cette autonomie royale ne durera que six mois. Refusant d'annuler l'ordonnance, Pomare IV y est contrainte par la menace d'une destitution.

En 1870, la IIIe République impose un contrôle plus direct sur ses territoires océaniens. A la mort de Pomare Vahine IV en 1877, la France espère obtenir le contrôle total du royaume. Dès 1878, le gouverneur Jacques-Ferdinand Planche demande à Pomare V de se dessaisir de ses pouvoirs au profit des autorités françaises. Pomare V refuse.

En 1880, le gouverneur Henri Chessé promet au roi la conservation de ses titres, le paiement de ses dettes, les honneurs et préséances dus à son rang et une pension. Pomare V accepte. Le 29 juin 1880, à 9h du matin, il réunit les chefs et des représentants des districts et signe l'acte d'annexion à la France.

29 juin 1880 : Tahiti devient française.
29 juin 1880 : Tahiti devient française.

En contrepartie, Pomare V demande au gouvernement de la République de continuer à gouverner ses sujets en tenant compte des lois et coutumes tahitiennes. L'acte d'annexion sera promulgué le 30 décembre 1880. Les demandes de Pomare V n’apparaissent pas dans l'acte ratifié. Désormais, le pouvoir n'appartient plus au roi mais au gouverneur.

Au fil des décennies, la France reconnaît l'existence des États souverains, et la prise de possession des terres par les Tahitiens. Les structures sociales subissent de nombreux changements au fil des guerres mondiales.

Tahiti bombardée en 1914.
Tahiti bombardée en 1914.

En 1946, les établissements français d'Océanie obtiennent le statut de territoire d'Outre-Mer, les Tahitiens deviennent citoyens français, représentés par un député à l'Assemblée nationale.

C'est en vertu de la loi de 1957 que l'archipel prend le nom de Polynésie française. Les Polynésiens, au cours du référendum de 1958, choisissent de faire partie de la République française. Finalement, en 1984, une grande réforme institue l'économie interne, ce qui permet au territoire de s'auto-administrer de façon définitive.


Les essais nucléaires

Le 2 juillet 1966 a lieu le premier des essais nucléaires sur l'atoll de Mururoa et celui de Fangataufa. Au total, pendant 30 ans, la France aura procédé à 193 essais nucléaires dans le pacifique, dont 167 sur l'atoll de Mururoa et 14 à Fangataufa.

Le 27 janvier 1996, la tension est vive à Mururoa. Ce jour-là, à 22h30, heure de Paris, la France procède à un nouvel essai de 120 kilotonnes, soit huit fois la puissance de la bombe d'Hiroshima. Le tir a lieu sur l'atoll de Fangataufa.

Les protestations, qui avaient amené François Mitterrand à suspendre les tirs, après en avoir autorisé 88, reprennent aussitôt.

En 1996, Jacques Chirac autorise une dernière campagne d'essais. Il annonce également qu'il signera le traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Ces essais provoquent une campagne internationale de protestations allant jusqu'au boycott. La campagne d'essais nucléaires prend fin l'année suivante.

27 janvier 1996, 22h30.
27 janvier 1996, 22h30.

Administration

La Polynésie ne bénéficie pas d'une autonomie politique mais d'une autonomie administrative. Elle est devenue un Territoire d'Outre-Mer, (TOM), par la Constitution du 27 octobre 1946, puis COM, Collectivité d'Outre-Mer, en 2003.

Le statut particulier de la Polynésie est fixé par la loi n°2004-192 du 27 février 2004. Elle définit une organisation différente de celle du droit commun et proche d'un parlementarisme d'assemblée.

Ainsi le président de la Polynésie a une fonction de représentant, il dirige l'action du gouvernement et de l'administration et promulgue les lois du pays. Le gouvernement de Polynésie est constitué de 7 à 10 ministres.

L'organe délibérant est l'Assemblée de Polynésie, elle est élue au suffrage universel direct tous les cinq ans.

Siège de la présidence de la Polynésie française.
Siège de la présidence de la Polynésie française.
Siège de l'Assemblée de la Polynésie française.
Siège de l'Assemblée de la Polynésie française.

Population

En 2017, la Polynésie Française compte 275 918 habitants, répartis de façon assez inégale sur l'archipel. Selon un constat de l'Insee, la croissance de la population ralentit, alors que la taille des ménages diminue. Parallèlement, le nombre de logements inoccupés augmente. Les zones rurales se vident de leurs habitants, et l'étalement urbain est concentré sur Papeete et les villes alentour. 

Toutes les îles de l'archipel ne sont pas aussi bien loties, les îles Marquises et les îles Australes souffrent d'un déficit migratoire.

Les îles Marquises sont l'archipel habité le plus isolé du monde, avec 10.000 habitants, répartis sur six îles. Les îles Australes, elles, comptabilisent un peu plus de 6000 habitants. 


Économie

Le rythme de vie des populations polynésiennes est atypique comparé à celui de l'Hexagone. Les habitants utilisent principalement les ressources naturelles qui sont à leur disposition. En revanche, pour un certain nombre de services de base en Polynésie, telles que la santé, l'éducation, l'habillement et les transports, les coûts sont relativement élevés, et plus importants que dans l'Hexagone.

Le tourisme est la principale source d'activités en Polynésie française. Il représente 13% du PIB. Chaque année, on dénombre un peu plus de 180.000 visiteurs. Ce sont les touristes américains qui restent le premier marché émetteur de touristes, avant l'Europe et l'Asie-Pacifique. Plus de 2800 entreprises dépendent du tourisme, l'activité génère 15% du chiffre d'affaire local. Deux secteurs se distinguent : le tourisme terrestre et le tourisme de croisière.

Ferme perlière.
Ferme perlière.

La deuxième ressource propre de la Polynésie française est la perliculture. L'activité a connu un véritable essor depuis les années 80. Aujourd'hui, la culture des huîtres perlières représente 54% des recettes d'exportations, les principaux acheteurs sont le Japon et Hong Kong.

Les autres secteurs d'activités économiques sont la construction navale, l'artisanat, la pêche et l'agroalimentaire. L'archipel est doté de 48 aéroports, dont l'aéroport international de Papeete, et 47 petits aéroports qui desservent les différents atolls.


Tourisme

Poumon de l'archipel, le tourisme en Polynésie a commencé à se développer dès 1966, lors de la création de l'office de développement du tourisme. Aujourd'hui, 25% des visiteurs choisissent la Polynésie comme destination pour leur voyage de noces, la beauté spectaculaire du lagon y est pour beaucoup. Mais la Polynésie Française ne se résume pas seulement à son lagon, les paysages sont spectaculaires, la nature a conservé son aspect sauvage où que l'on pose les yeux, et l'artisanat polynésien ainsi que la culture des huîtres perlières méritent le détour.

Les milliers de touristes qui se rendent chaque année dans l'archipel pratiquent des activités nautiques, culturelles ou sportives.

De nombreuses îles restent encore inhabitées, ce qui permet de conserver un certain mystère dans l'histoire de l'archipel, une histoire dont les vestiges sont encore à découvrir.

Rivière sur une île de l'archipel des Tuamotu.
Rivière sur une île de l'archipel des Tuamotu.

Pour le mois de mai 2019, la fréquentation touristique de la Polynésie française progresse de 13,2 % par rapport à mai 2018. Le nombre de touristes en hébergement progresse fortement, ils réservent pour une durée allant jusqu'à 15 jours. En ce qui concerne les touristes croisiéristes, les chiffres restent stables. Ces touristes viennent en premier d'Amérique du Nord, puis de la France. Depuis début 2019, la Polynésie française a accueilli 88 400 touristes, soit une hausse de 14,6 % par rapport au cinq premiers mois de 2018.

Bungalows touristiques à Bora Bora.
Bungalows touristiques à Bora Bora.

Infos pratiques

La langue officielle est le français. 

Décalage horaire

Le décalage horaire est de -11 heures en hiver et de -12 heures en été. Par exemple, en hiver, lorsqu'il est 5 heures du matin à Paris, il est 18 heures le vendredi à Papeete.

Téléphone

Pour joindre le territoire, composer le 00. 689 + les huit chiffres du numéro du correspondant.

Electricité

220 volts, prises françaises. La fréquence est de 60 hertz et non pas de 50 hertz comme en hexagone.

Monnaie et devises

La monnaie des îles de la Polynésie Française est le Franc Pacifique. 1000 francs CFP équivalent à 8,38 euros. Le réseau bancaire comprend cinq banques et sept sociétés financières. Les cartes bancaires sont bien acceptées sur l'archipel et dans les principales communes. En revanche, les paiements se font en espèces sur les plus petites îles.

Importation d'animaux domestiques

La Polynésie française étant indemne de rage, l'importation directe de chiens et de chats en provenance de France y est interdite. En revanche, une autorisation d'importation dérogatoire peut être délivrée. Sachez toutefois que vos animaux devront subir une quarantaine d'un mois minimum. Aucune quarantaine n'est encore agréée en Polynésie française.

Etablissements scolaires

La Polynésie française compte 236 établissements du 1er degré, ce qui comprend les écoles maternelles et primaires et l'enseignement spécialisé, et 99 établissements du second degré. L'université de la Polynésie française est implantée à Outumaoro, sur la commune de Punaauia.

Etablissements de santé

L'équipement sanitaire de la Polynésie française comprend un centre hospitalier territorial, un hôpital psychiatrique, six hôpitaux généraux et vingt-deux centres médicaux et dispensaires urbains ou ruraux. La majorité du personnel médical est constituée de médecins publics. Les médecins libéraux exercent surtout sur l'île de Tahiti.